Dans Les Saisons Portègnes, Astor Piazzolla rend un véritable hommage aux Quatre Saisons de Vivaldi.
Empruntant
au baroque ses techniques d’écriture, l’homme au bandonéon perpétue la
tradition du Tango, à la fois brûlure du soleil et abîme de noirceur.
Déhanchements rythmiques dans un théâtre de larmes et de regrets, magnifique couple de danseurs argentins à la carrière internationale,
restitue l’âme du Tango avec fièvre et folie, mais aussi avec charme en
bandoulière.
Provocation sublimée et vulgarité collant à la peau, si
l’esprit même du Tango est sorti de la rue, Astor Piazzolla a toujours
su l’y faire retourner. Évoquant un monde meilleur à travers le langage
de la nostalgie, il greffe son amour de la musique savante occidentale
avec les battements sourds de l’Argentine. Piazzolla, Les Quatre
Saisons, soleil noir de mélancolie, sont fondamentalement une
déclaration tragique, musiciens et danseurs sublimant cette passion
magnétique, versatile et envoûtante.