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20/07/2018

INTERVIEW / Nous avons rencontré Foé à Musilac !

C'est une véritable révélation qui a un beau chemin à parcourir, dont on entendra très rapidement parler. Les festivals sont aussi l'occasion pour les artistes de se présenter à un public, et parfois, d'atteindre des sommets. Il ne serait pas surprenant de retrouver Foé, jeune toulousain, très rapidement en haut des charts dans les prochains mois. Retour sur une rencontre passionnante avec ce chanteur très passionné et talentueux.


Infoconcert : Tu es un peu la découverte du festival Musilac cette année. Pourtant, tu as déjà une belle petite notoriété, notamment avec la première partie de Vianney à l'AccorHotels Arena. Comment s'est fait ce succès aussi rapide ?

Nicolas : C'est un début de succès. C'est génial, ça me fait vraiment plaisir. Il y a un an et demi, j'étais dans ma petite chambre à Toulouse, et je sors de tout ça, j'arrive dans les Zéniths. J'étais aux Francofolies, j'ai joué sur la Grande Scène, entre Véronique Sanson et Raphael, il y a plein d'artistes incroyables qui sont passés. C'est vraiment génial, je profite à fond de ce qui se passe. Ce sont des choses qui se débloquent, à force de faire des concerts.

Infoconcert : Comment s'est faite la rencontre avec ton label, Tôt ou Tard, label de Shaka Ponk et Vianney, entre autres ?

Nicolas : Je faisais des petites vidéos dans ma chambre, et un jour, un producteur m'a repéré, et m'a demandé si je composais, et si je chantais en français. On a échangé pendant plusieurs mois, je lui ai envoyé plein de compositions. Finalement, je me suis retrouvé à Paris Valentin Monceau, qui m'a aidé à terminer mon album. Nous avons rencontré des labels, et avons eu un coup de coeur chez Tôt ou Tard.

Infoconcert : Chanter en français se débride de plus en plus ces dernières années. C'était évident, pour toi, de chanter en français ?

Nicolas : Avant, je chantais et composais principalement en anglais. C'est à partir du moment où j'ai rencontré mon producteur que j'ai commencé à écrire en français. J'avais déjà des textes en français, mais je les gardais pour moi. Je me suis rendu compte que le français est très incisif, vu que l'on essaie de faire passer des émotions. Je trouve que la langue maternelle est le meilleur moyen. J'aime bien la manière dont je peux faire sonner les mots. C'est un défi aussi, surtout quand on sort de l'anglais. C'est pour ça, d'ailleurs, que je garde un peu d'anglais dans mes chansons.

Infoconcert : Sur la pochette de ton premier album, Îl, on retrouve déjà une symbolique assez forte, avec des détails comme le sable. Comment te sont venues toutes ces idées et tous ces détails ?

Nicolas : C'est vrai que j'aime bien les choses avec un concept. C'est les échanges avec les gens, des directeurs artistiques. Généralement, ça part de moi, car j'ai envie que mon projet me ressemble, soit sincère, et que les gens ne se disent pas que c'est du fake. C'est une idée que j'ai et que l'on développe. Le sable fait référence à l'île de Robinson Crusoé, un livre qui m'a beaucoup inspiré pour mes premières compositions. J'ai d'ailleurs tiré mon nom, Foé, de Daniel Defoe, l'auteur de Robinson Crusoé. A chaque fois, c'est des références à des choix que j'ai fait. J'étais dans ma chambre, c'était mon île, il suffit de symboliser cette île avec un élément qui s'y trouve, et en l'occurence, le sable.

Infoconcert : Tu as fait un clip pour Bouquet de Pleurs, présent dans cet album. On y trouve un côté rétro, alors que c'est une période que tu n'as pas connue. Pourquoi ce choix ?


Nicolas : Je trouve que la pellicule, le 16mm, est quelque chose qui fait référence à un souvenir. Je trouve que ça transmet beaucoup d'émotions à l'image. Nous avons fait ce clip avec Colin Solal, un super réalisateur. C'était dans une piscine à Toulouse, juste à côté de chez moi. Comme c'était mon premier clip, je voulais qu'il y ait quelque chose de mélancolique pour soutenir la chanson, elle même mélancolique.
Infoconcert : Cet album est très éclectique. Est-ce une manière de rechercher ton style musical ou de tester différentes choses ?

Nicolas : En fait, j'ai beaucoup d'influences, j'écoute énormément de choses. J'ai souhaité faire quelque chose d'hybride pour satisfaire tous mes goûts. Il y a des titres plus enjoués, plus sombres, plus mélancoliques. J'ai voulu ça pour que chacun puisse s'identifier dans cet album, quelque soit le style que l'on aime. Je ne souhaite pas non plus m'enfermer dans un style. Si je veux faire de la chanson espagnole ou allemande demain, je ne veux pas qu'on me dise "c'est pas ce que tu faisais avant". J'ai juste envie de faire ce qu'il me plait.

Infoconcert : Sur scène, comment ça se passe ?

Nicolas : A la base, j'étais seul sur scène. J'ai rencontré un batteur, Raphael, qui fait un peu de percussions aussi. Je me concentre au piano. Raphael a intégré le projet il y a deux mois. Ça évolue progressivement, et on va encore essayer de grandir au fur et à mesure.

Infoconcert : L'an dernier, nous avons eu des artistes comme Juliette Armanet, sur la même scène que toi (Le Korner). Aujourd'hui, elle a fait l'Olympia, et la Scène Paris de Solidays. Pour des artistes qui souhaiteraient se développer, quel conseil leur donnerais-tu ?

Nicolas : Je pense qu'il faut être convaincu de ce que l'on fait. Il faut avoir confiance en soi. Mon entourage m'a beaucoup poussé, même si j'ai toujours su que je voulais faire ça. De toutes façons, il faut faire ce que l'on aime. Tant que l'on est passionné, on peut se faire plaisir, quelque soit la scène sur laquelle on joue. J'étais à l'AccorHotels Arena, j'ai fait la scène et j'ai adoré, vraiment. C'était une soirée extraordinaire. J'ai ensuite fait un concert en Hollande avec moins de monde. J'ai joué aussi à Paroles et Musiques devant peut être cent personnes, mais j'ai vraiment pris du plaisir car les gens se sont levés, ont dansé avec moi. Je pense que ce n'est pas une question de scène mais vraiment de faire ce que l'on aime. Et même dans sa chambre, il faut prendre un plaisir à le faire.

Infoconcert : Et le public est ensuite réceptif...

Nicolas : J'imagine ! (rires). Je reçois pas mal de messages de gens qui me disent de continuer, que c'est intéressant. C'est quelque chose de très positif ! Je suis content des retours.

 

Interview par Sébastien Martinez