



En deux albums, Placebo s'est imposé comme l'un des groupes les plus charismatiques de sa génération. Leur nouvel album «Black Market Music», peut être moins intimiste, distille tout autant leur pop-punk sulfureuse. Tour à tour furieuse, mélancolique ou plus expérimentale. Ce trio avait déboulé sur nos scènes, en 1996, en première partie de David Bowie, bousculant nos habitudes, nos oreilles et notre conformisme.
Composé de Brian Molko (chant et guitare), de Stefan Olsdal (basse, guitare + clavier) et Steve Hewitt (batterie) -pour la petite histoire, un Américain, un Suédois et un Anglais-, le groupe célèbre une certaine idée de la trinité (le Shinto japonais n'est pas loin !), privilégie à tout prix l'unité entre ses trois membres (ils sont devenus de véritables amis). Placebo a d'entrée de jeu su se trouver une voix, un vocabulaire et une identité de groupe très forte.
Défiant les règles établies et stéréotypées de l'identité et du sexe, jouant des ambiguïtés, cultivant une musique hors norme, loin des tendances du moment (on est alors en pleine effervescence britpop). Leur son se rapprocherait beaucoup plus des contrées explorées par Sonic Youth ou PJ Harvey, de l'émotion propre aux uvres de Tom Waits. Ils la définissent eux même comme de la punk-pop. Ils ne sont d'ailleurs pas loin de se considérer comme un groupe punk !
Un groupe controversé, souvent mal compris, qui aime surprendre, être là où on ne l'attend pas et qui n'hésite pas à se préserver dans le mystère. Créant souvent des malentendus par un humour plutôt noir, vivant de façon extrême, parlant passionnément, aimant choquer quelque part. Leur premier album parlait de sexe, ils ont dit de leur deuxième qu'ils déclinaient les affres de la dépression post-coïtale. Les chansons de «Black Market Music» racontent des histoires, presque des petites nouvelles, et font allusion à l'amour, la perte de l'amour, la violence, le meurtre, la religion, la mort. Certains titres ont même une envergure politique (en réaction aux émeutes anti-capitalistes de Londres et Seattle). Sur scène, le groupe dégage suffisamment d'ambiguïté et d'ambivalence avec son look androgyne, ses visages maquillés pour interpeller le spectateur.
Fin, il y a ce son qu'ils balancent la rage au ventre, cette énergie brute, ces riffs de guitares saturées, cette voix typée masculine et féminine à la fois.

Brian Molko et ses deux comparses continuent leur route d'icônes du rock alternatif. 10 ans que le groupe n'avait pas sortie d'album, il est de retour et en tournée aussi !

Dernier album
Never Let Me Go
mars 2022
guillaume
-Aurélien
-Pauline
-Gaïa
-
mars 2022
Never Let Me Go

octobre 2016
A Place For Us To Dream

novembre 2015
MTV Unplugged