"Ztikz est un spectacle sur le thème du bâton, symbole de force et d'autorité, artifice esthétique et objet d'art, prolongement du corps, compagnon de la marche comme des pensées. Pour Kristof Hiriart, compositeur et concepteur du spectacle, le bâton est aussi l'appendice intime du percussionniste. Il appelle la qualité du geste, du mouvement, de la danse, éléments qui inspirent la composition musicale. « Du joystick au bâton de berger, du bâton-relais au bâton punitif pour frapper, du bâton de l'écriture au bâton des récitations grecques, je me noie avec un plaisir toujours plus grand dans l'immensité des constantes et des variations de la création des humains » confie Kristof Hiriart.
Pour illustrer ce thème central qui s'enracine dans la mémoire humaine, Kristof Hiriart met en scène des personnages, danseurs et musiciens, qui évoluent dans un espace où le son et l'image interagissent. Dans sa recherche, il suit la voie tracée par le compositeur Mauricio Kagel : « La parole, la lumière et le mouvement s'articulent comme des sons, des timbres et des tempi ; l'événement scénique ne peut prendre tout son sens sans la musicalité... »
La scénographie de Toni Casalonga favorise un protocole dramaturgique dans lequel le sujet « bâton » se décline comme sur une table de multiplication. Un grand tissu blanc repose sur un mât central de six mètres de hauteur qui prend trois formes différentes, selon ses accroches et ses tensions : une pyramide (la mémoire, la mort), une tente (le voyage, l'abri), un ciel (l'ouverture, le mystère). Cet espace est principalement dédié à la danse. Il est aussi approprié à la vidéo-projection. En avant-scène, à jardin, une station musicale est installée sous la forme d'un mobilier construit dans un matériau transparent (altuglas) avec une table pour les interfaces numériques et une sorte de râtelier pour entreposer des accessoires (bâtons). Au même niveau, à cour, on trouve
un espace d'écriture rétro-projeté. Trois mouvements et un enchaînement fragmenté d'images sonores et visuelles sont construits par le musicien et les danseurs. Sur cet espace neutre, Serge de Laubier dirige « la méta-mallette », le logiciel de Puce Muse, met au point l'amplification grâce à des capteurs, des micros et d'autres interfaces. Ainsi, le mât devient sonore, la toile multi-écran et le mobilier servent de base de fabrication sonore et visuelle..."