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Après « Les Sœurs Jacques folles des frères » d'après le répertoire des Frères Jacques, puis « Z'avez pas vu Nino » sur l'œuvre de Nino Ferrer, elle se sent enfin prête scéniquement à nous livrer son propre répertoire de chansons.
La scène est vraiment son univers, « sa maison » où elle peut développer un rapport privilégié au public avec « cette rage qui la tient en vie » teintée d'une énergie communicative.
Pour ce nouveau spectacle de chansons elle a choisi une forme acoustique voix-piano-contrebasse et percussions.
Alors que d'autres se réclament des illustres aînés (Barbara, Gainsbourg) tout en reconnaissant une certaine filiation avec Juliette Fontaine et Brigitte Nourredine (ou l'inverse...), Anne Cadilhac se voit plutôt comme la fille adultérine de Schopenhauer, Marx, Simone de Beauvoir et Gilles Deleuze qui lui auraient donné naissance lors d'une grande partouze Kusturico-Fellinienne.
Son écriture est intiment liée à sa personnalité multiple, voire schizophrénique : elle chante, joue du piano, souffle dans un mélodica, et oscille constamment entre humour féministe provocateur et conscience philosophique nihiliste mais néanmoins joyeuse avec une énergie scénique qui la rapproche plus d'Arno que de Léo Ferré.