Après une carrière émaillée de deux singles (dont le fameux « Modern Age »), The Strokes a déjà joué devant des foules considérables en Angleterre. Les salles de plus de mille personnes sont complètes, les billets s'échangent à plus de mille francs au marché noir, le public est hystérique, les V.I.P. omniprésents... Avant même la sortie de son très accrocheur premier album, « Is this it », The Strokes connaît une gloire que beaucoup de groupes ne connaissent jamais ou n'entrevoient qu'après trois albums et des tournées intensives. Presse anglaise comprise, cette dernière, pourtant, réputée pour s'enflammer rapidement et porter aux nues des inconnus qu'elle descend six mois plus tard. Il semble que, cette fois-ci, ses protégés soient réellement prometteurs. Beaucoup de choses expliquent cet engouement autour de The Strokes. Ils sont jeunes, ils sont photogéniques, ils ont le look et la rockn'roll attitude, et surtout leur premier disque est très réussi. Cocktail de guitares poignantes, d'accords simples et batterie brute, un chant étouffé et une voix de chat écorché font le reste.
La musique de ces cinq New-Yorkais est issue d'une écoute intensive de quantité de bons disques. On remarque au fil des titres une fascination pour le Velvet Underground, les Pixies, Television, Nirvana, The Clash. Il se dégage une énergie prodigieuse des compositions de ce groupe : tout être normalement constitué et fan de rock ne peut que s'agiter de manière incontrôlée en écoutant « Is this it ». Julian Casablancas a une voix rappelant immanquablement celle de Lou Reed, mais aussi parfois Morrissey ou Iggy Pop.
Les Strokes n'ont pas leur pareil pour provoquer l'hystérie chez leurs fans. Malgré la durée minimale de leurs concerts (quarante cinq minutes), ils balancent leurs riffs rageurs, leurs mélodies intemporelles et hurlent leur fureur de vivre. Immanquablement le groupe à découvrir sur scène au plus vite.