"Christine Brotons vient du théâtre, des planches et de leur verbe... À force de côtoyer Shakespeare ou Tchekhov, la comédienne est passée du côté de l'écriture, en cultivant une forme d'expression simple et génératrice d'émotions : la chanson. Avec l'accordéoniste Albert Tovi, elle a déjà partagé
Le Bal à Brecht. Depuis, la comédienne/chanteuse poursuit l'aventure avec ce musicien à l'écoute des croches et des vers, des toiles plastiques et du geste corporel, improvisateur et auteur de musiques pour le théâtre ou la danse... Dans Opium, « cabarécital » stupéfiant, le couple décrypte, à travers des chansons évoquant ce que l'on nomme aujourd'hui les conduites addictives, les attraits de l'alcool, du tabac, des drogues, de la bouffe... de l'amour ! On remonte aux années trente et son florilège de rengaines de music-hall, pleines de fantaisie et d'humour - en un temps
où le politique était peu correct -, jusqu'à nos jours (des compositions du duo Brotons/Tovi) où l'on ne peut plus ignorer que « Fumer tue », tout comme la maladie d'amour sans protection ! Bob Marley avait des ancêtres rimbaldiens qui prenaient leurs chimères pour des lanternes aux teintes vertes, mais que la morale hygiéniste contemporaine marginalise au rang de délinquance mémorielle. Même l'extase mystique n'a plus la côte : Thérèse d'Avila et son ange sont au purgatoire! Un spectacle qui, si le rire n'était pas franc, pousserait au désespoir... mais nettement plus bio qu'un cachet de Prozac !'