"Escrito en Agua” est placé sous le signe de deux figures tutélaires. La
première est l’étoile du matin Tunuwame, patronne des chanteurs et des
musiciens dans les mythologies indigènes de l’ouest du Mexique.
“Estrella tan distante, si te dejo de cantar me desperdiciaré”, chante
Jonás sur le morceau de clôture qui lui est dédié (“Étoile si lointaine,
si je cesse de te chanter, je me perdrai”).
La seconde est Mahmoud Darwish, largement considéré comme le poète
national palestinien, dont les “poèmes documentaires” ont nourri
l’écriture de plusieurs titres — d’une manière inédite pour Jonás, qui
ne s’était jamais autant appuyé sur l’œuvre d’un autre écrivain. “Il
écrit simplement le quotidien d’une vie assiégée, il parle des petites
visions qui s’offrent à lui”, explique-t-il, en se remémorant ce qui l’a
d’abord tant attiré chez Darwish.
Ce sont précisément ces visions minuscules qui donnent à “Escrito en
Agua” sa force. Une œuvre dont l’éclat ne cherche jamais à s’imposer,
avançant note après note, comme portée vers un inconnu vaste et ouvert,
plein de possibles."