Le 23/08/2007 - Arènes de Nîmes.
Que dire hormis qu'un vieux rêve se réalise enfin. Après des années d'écoute des live de Bjork, enfin la découverte en réelle. Inutile de dire que le déplacement à Nîmes valait plus que le coup. D'abord, il y a l'ambiance assez unique qui se dégage de l'arène. Je ne suis pas un grand fan des concerts en plein air, néanmoins là, au niveau de la qualité sonore, il n'y avait rien à redire (mais je reconnais que j'étais placé assez près de la scène et pas au fond des gradins, mais même au fond, on n'a pas l'air d'être très éloigné, l'ensemble étant assez compact). A la tombée de la nuit, Bjork arrive sur scène dans un tintamarre très militaire, et laissant dévoiler une déco du même acabit avec des drapeaux médiévaux entourant toute la scène. Accompagné de son fidèle Mark Bell et d'un autre arrangeur, elle a choisi pour cette tournée le thème des cuivres. Ce sont donc une dizaine de demoiselles marchant au pas et habillées de toges fluorescentes, chacune équipée de son instrument comme d'une arme qui arrive en nous donnant le ton de ce que sera la prestation. Bjork, comme d'habitude, est attifée d'un accoutrement dont la description risquerait de prendre trop de temps. Chaque album de Bjork est composé autour d'un thème qu'il n'est pas toujours facile de percevoir. Comme on le comprend avec « Wonderlust », il semble qu'elle soit cette fois obsédée par les sons des navires et donc les cuivres en général. Avec « Volta » elle est revenu à des compositions plus proches de ce qu'elle faisait au départ (tout en gardant une sacrée touche d'originalité), si on le compare à « Medulla » qui n'était pas vraiment un album facile pour toute les oreilles. Néanmoins, sur chaque morceau interprété en live de son dernier album on redécouvre totalement le son par rapport à l'album, album dont l'écoute devient également complètement différente après avoir vu le live. On ne fait plus attention aux mêmes sons qu'avant, et c'est proprement fascinant. Tout d'abord on y découvre un rythme de dancefloor (c'est à peine exagéré) endiablé sur « Earth Intruders » qui a tout simplement mis le feu à la fosse, tout le monde sautant dans tous les sens. Idem pour la fin du concert avec un hallucinant « Declare independence », titre qui n'est pourtant pas le plus audible du dernier album. Et bien là, cela prend une toute autre ampleur. Au niveau des chansons plus calmes, comme je l'ai déjà dit avant, la présence des cuivres prend toute sa signification avec « Wonderlust » et « Innocence ». Au milieu de tout ça, Bjork nous a bien évidemment gratifiée de moult classiques. Pour commencer un sublimissime « Hunter », puis un « Army of me » dans une version surréaliste où les cuivres purent s'exprimer ce qu'elle n'avait jamais fait sur ce morceau. Pour continuer à nous faire sauter dans tous les sens elle nous offrit un endiablé « I miss you ». Dispatché dans tout cela on trouvera également, pelle mêle, les indispensables « Bachelorette », « Hyperballad » ou encore le fabuleux « Joga ». Bref que du bonheur. Une seule petite déception à noter, un rappel un peu court et pas très significatif avec une chanson qui m'a semblé être inédite (mais je reconnais que ma culture générale peut avoir ses limites) et le néanmoins exceptionnel « Declare independence » mentionné ci-dessus. Au bout d'un petit peu plus d'une heure et demie (ce qui est certes pas très long, mais quand on voit l'énergie dépensée sur scène on peut comprendre), les lumières des arènes, hélas, se rallumèrent, et l'on sentait que chacun avait besoin de quelques minutes pour redescendre de ce que nous avions vécu. Bjork est une artiste unique au son et à l'univers inimitable. Que l'on aime ou pas, la découvrir sur scène est une aventure en soit. C'est également la démonstration parfaite qu'elle est une interprète de génie et qu'elle ne triche pas sur sa voix entre l'enregistrement studio et la prestation scénique. Bon, en gros et pour résumer, c'est absolument magique et fabuleux, n'hésitez pas une seule seconde à aller la voir. Je suis déjà impatient de la prochaine...