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Chez lui, la musique n'est pas arrivée comme une évidence, mais comme un refuge. Enfant solaire, mais souvent contraint de se protéger émotionnellement, il trouve très tôt dans le chant un espace où exister pleinement. À l'école, entre 5 et 10 ans, il interprète Con Te Partirò au sein de chorales où sa voix, déjà capable de s'élever avec aisance, surprend et fascine. Ce qu'il ne comprend pas encore, c'est que cette capacité à monter si haut deviendra plus tard l'une de ses signatures. À la maison, les influences se mêlent et se répondent. Entre les sonorités africaines - Bikutsi, Makossa, Afrobeats - et les voix iconiques que lui transmet sa mère, comme Whitney Houston, Ray Charles ou encore Youssou N'Dour, se construit un socle musical riche et instinctif. Mais c'est en écoutant Don't Judge Me de Chris Brown que le déclic opère : pour la première fois, il ne veut plus seulement ressentir la musique, il veut la créer.
Adolescent, il explore. Le sport devient un terrain d’expression autant qu’un apprentissage de la discipline et du dépassement de soi : football, basketball, taekwondo, surf, ski… autant de pratiques qui nourrissent en lui une volonté constante de progresser, de comprendre, de gagner. Mais derrière cette énergie, une autre dimension se développe : celle du regard. Très tôt, Versa observe. Le style de son père, toujours précis, classique mais audacieux, laisse une empreinte durable. Les gestes, les silhouettes, les détails — jusqu’au parfum — deviennent des codes qu’il réinterprète à sa manière. À l’adolescence, il affirme progressivement sa propre identité vestimentaire, entre influences urbaines et sensibilité plus instinctive, presque intuitive. Ses allers-retours au Cameroun affinent encore ce regard : il y découvre une autre relation à la couleur, au corps, à la présence — une manière d’habiter le vêtement autant que de le porter. Au lycée, cette singularité attire. Il commence à être sollicité pour des shootings, développant en parallèle une véritable approche de la mode, nourrie autant par des créateurs comme Yohji Yamamoto que par l’esthétique du hip-hop des années 2015-2016 — de Young Thug à Travis Scott, en passant par Famous Dex ou XXXTentacion, dont l’impact sur lui est autant artistique que spirituel.