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INTERVIEW / Retrouvez l'interview de Archive à l'occasion de la sortie de leur nouvel album
18/10/2016

INTERVIEW / Retrouvez l'interview de Archive à l'occasion de la sortie de leur nouvel album

Le vendredi 7 Octobre 2016 sortait le dixième album studio du groupe Archive, 'The False Foundation', album aux sonorités plus électroniques qu'à l'accoutumée, plus urbain, plus rapide. Très thématisé, comme toute l'oeuvre du collectif, cet album se présente comme une métaphore de notre société, rapide et contrôlée, même si il est très libre d'interprétation.
Pour l'occasion, nous avons pu rencontrer Pollard Berrier, chanteur principal du groupe (avec Dave Pen) depuis douze ans.


Infoconcert : En trois ans, vous avez sorti trois albums : 'Axiom', 'Restriction', et maintenant, 'The False Foundation'. Entre temps, vous avez énormément tourné, notamment au Rock Werchter, aux Vieilles Charrues ou encore au Zénith de Paris l'an dernier. Vous n'êtes pas fatigués ?

Pollard : Tu sais, nous ne voulons pas être complaisants avec nous-mêmes. Nous voulons juste continuer à travailler sur notre musique. Le Zénith de Paris était en Octobre l'an dernier, et entre temps nous avons eu pas mal de temps pour continuer à écrire et travailler sur cet album jusqu'à sa sortie. Nous avons un bon équilibre entre les concerts et le studio. Nous n'attendons jamais trop longtemps pour produire.

Infoconcert : En dehors d'Archive, as-tu du temps pour toi ?

Pollard
: J'ai un bon équilibre, entre Archive et mes projets personnels. Et bien sûr, je consacre du temps à ma famille ! On fait toujours en sorte de profiter de la vie.

Infoconcert : Chaque album d'Archive a une histoire, un fil directeur. Quelle est l'histoire de ce dixième album studio ?

Pollard : Beaucoup de personnes nous ont assisté, contrairement à 'Restriction' ou aux autres albums. 'Axiom' était un album différent qui est arrivé très rapidement. Avec 'The False Foundation', nous avons fait beaucoup d'enregistrements, nous avons pris notre temps pour travailler en profondeur. Il y a eu énormément de reflexion sur cet album.
Chacun de nos morceaux a toujours été un fil conducteur à l'ensemble de nos albums. Pour 'The False Fondation', il s'agit du monde et de la façon dont il devient fou. Il s'agit des politiques qui décident tout pour nous. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un système démocratique comme la France, c'est vraiment une chance de vivre de cette manière.
Partout, le système est en train de devenir fou. Les valeurs sociales sont en train de s'étouffer et les gouvernements de droite semblent prendre la main dans énormément de pays d'une manière vraiment imprévue. On dirait que les gens se sentent de moins en moins en sécurité, abandonnant les libertés au profit d'une sécurité temporaire. Nous vivons dans une drôle d'époque, et je n'ai pas l'impression que ça va en s'arrangeant.

Infoconcert : Es-tu inspiré par tes tournées ?

Pollard : Bien sûr ! Nous parlons toujours de l'actualité qui nous influence énormément. Je pense d'ailleurs que ça se ressent particulièrement sur ce dernier album. Les gens nous demandent souvent  "pourquoi votre musique est-elle si sombre ?", ce genre de trucs. Si tu es honnête avec toi-même, tu remarques qu'il se passe des choses très sombres. Nous devons porter ces choses sur le dos et composer avec. Les écrans et les télévisions font aussi partie de ce poids.
Pour moi, nous devons faire en sorte d'être là les uns pour les autres. Ce n'est pas politique, c'est social, c'est être vivant sur cette planète. Nous sommes si nombreux. C'est en quelque sorte ce que nous, en tant qu'artistes, essayons de faire. Nous créons des histoires à propos de ce que nous voyons, de ce que nous ressentons, de ce que nous expérimentons jour après jour. Nous écrivons à propos de choses sociales, de choses qui sont dans les esprits des gens. C'est ça, 'The False Foundation'.

Infoconcert  : Comment considères-tu le style d'Archive ? Beaucoup considéraient, notamment au début du collectif, que vous étiez dans le registre trip-hop, entre autres...

Pollard : Je pense que l'on ne peut pas vraiment ranger notre style dans une case, et c'est ça que l'on aime. Nous créons la musique que nous voulons. Nous avons énormément d'influences. Certaines de nos musiques peuvent faire penser à celles de certains groupes de trip-hop. Je pense que les morceaux évoluent, les gens parlent toujours de "progressif", et c'est clairement ce que nous sommes. C'est cinématique, nous avons un côté sombre, imagé... D'une certaine manière, nous attendons la critique et les médias. Je pense que nous faisons notre truc, que nous vivons dans notre monde. Ce n'est pas à nous de juger de quel style il en ressort. Ce qui est sûr, c'est qu'énormément d'éléments évoluent.

Infoconcert  : Quand on regarde toutes les pochettes de vos albums, on peut voir que vous êtes tout le temps dans l'ombre, voire que vous n'y êtes pas. C'est aussi le cas avec ce 10ème album studio. Pourquoi ?

Pollard : Si nous étions un groupe de pop, on attendrait de nous que nous soyons toujours brillants et beaux, mais ce ne serait pas en rapport avec notre musique. Nous voulons juste travailler pour la musique, nous voulons écouter la musique. Je pense que beaucoup de nos fans nous apprécient car justement, tu peux conduire ou être dans le train, juste regarder autour de toi. Tu peux aller où tu veux, dans les endroits que nous essayons de créer, quoi qu'il se passe dans ta vie. Nos paroles sont d'ailleurs très ouvertes à l'interprétation, nous voulons être comme ça car nous sommes dans un univers très, très vaste. Nous essayons juste de créer un sentiment qui parle de toute cette profondeur, de tout ce qu'il y a autour de nous, toute la tristesse d'une certaine manière. La musique est créée pour être jouée et pour inspirer.

Infoconcert  : J'ai pu lire un article qui disait que votre musique était souvent comparée à celle de Pink Floyd...

Pollard : Ah oui, on nous le dit souvent ! Nous avons grandi en adorant et en écoutant ça. C'est assez drôle car la dernière fois qu'ils ont sorti quelque chose, c'était en 94 ou 95. Pourtant, oui c'est clairement une influence, et c'est toujours un compliment de l'entendre. Ça fait partie des groupes qui essaient toujours de pousser les limites des sons, de la guitare ou du piano.

Infoconcert  : Est-ce que tu as un grand souvenir avec Archive ?

Pollard : Je ressens toujours que le meilleur est à venir. Je pense toujours que l'on peut pousser la barrière plus loin, d'une façon naturelle, en laissant les choses progresser. Nous avons eu de magnifiques moments, comme jouer au festival Rock en Seine, ce qui était incroyable. Je me rappelle aussi de la première fois où nous avons joué à Belfort (aux Eurockéennes, ndlr), c'était une expérience vraiment magique. Jouer les deux premières fois au Zénith de Paris était aussi une grosse étape dans notre carrière, mais nous ne voulons pas nous reposer sur nos acquis, sur le fait que nous avons joué en première partie de Muse au Stade de France, par exemple, même si c'était une très belle expérience.
Nous avons eu de grands moments, comme à chaque sortie d'album. J'ai vraiment apprécié travailler sur 'The False Foundation', qui est l'un de mes albums préférés, tout comme 'Axiom'. Nous sommes tous très heureux dans la vie, nous avons vraiment de la chance de faire ce que nous faisons.

Infoconcert  : Vous allez jouer à la Salle Pleyel en novembre 2016. Vous avez déjà rempli deux Zénith de Paris l'an dernier : pourquoi jouer dans une si petite salle ?

Pollard : C'est à ça que nous voulons revenir ! Nous avons joué dans des tas d'endroits à Paris, maintenant, on veut essayer autre chose. Nous voulons lancer cet album d'une façon intimiste, quitte à jouer trois ou quatre soirs d'affilée dans la même salle. De toutes façons, nous allons revenir en tournée l'année prochaine, et nous avons des projets pour Paris. On ne veut pas faire la même chose à chaque fois, on veut que ce soit une nouvelle expérience pour chacun, une expérience puissante.



En plus d'une séries de dates en Europe, Archive sera en concert à Paris le 29 Novembre à la salle Pleyel. Ils joueront aussi le 17 Novembre à la Cartonnerie à Reims. Voir + d'infos sur les dates de concerts d'Archive

Interview menée par Sébastien Martinez

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