
Morton Feldman était amateur de peinture abstraite. Sa fin de parcours, dont est issue cette pièce, sera
aussi marquée par sa passion pour les tapis d'Anatolie. La répétition imparfaite de leurs motifs et leurs
couleurs, leur illusoire symétrie le fascine et inspire son mode de composition. Comme dans ces tapis,
il répète des motifs successifs mais les modifie légèrement afin de dérouter lentement l'auditeur. Plus
de notion de forme ni de plan d'ensemble, plus de conclusion: tout comme le tisserand qui s'arrête à la
dimension souhaitée, Feldman termine la pièce d'un trait quand il atteint la durée pressentie.
Très vite cette présence constante de la peinture et du graphisme dans la pensée musicale de Feldman
amène Christine Wodradscka et Mathieu Werchowski à élargir leur interprétation en invitant l'artiste
plasticienne Eela Laitinen à jouer cette pièce avec eux pour en souligner la dimension plastique.
Pour convoquer le processus de lente transformation propre à la musique de Feldman, Eela laitinen
choisit d'utiliser un matériau hydrochromique. Elle utilise de l'eau pour peindre des motifs qui
disparaissent au fur et à mesure que sèche le tissu. Elle crée sur scène un monde visuel qui disparaît
lentement au fur et à mesure de sa genèse.
Tout un monde s'ouvre alors à elle pour convoquer les modes de composition de cette pièce :
surimpression, évanescence, lente transformation, disparition. Ce processus de dessin, par sa lenteur
et son altération imperceptible, nous immerge dans le temps flotté de la pièce.


Olivia Rodrigo en concert à Paris La Défense Arena dans le cadre dec son "The Unraveled Tour" ! L'américaine s'y produira deux soirs en avril 2027
