Il y a cette maladie, quatre lettres. Un peu réducteur pour Mano Solo de se voir collée cette maladie, comme un drapeau qu'on lui aurait mis dans les mains. Le chanteur, après cinq albums où couvait la colère de l'écorché qu'il est, semble trouver une sorte d'apaisement dans une musique où brille un peu plus le soleil. Le temps des souffrances reste, mais prend d'autres airs, l'attitude se tourne vers d'autres horizons, laissant de côté une rhétorique qui laissait de sales traces : maladie, affection, douleur, misère, souffrance... En six disques, les textes sont sortis d'une certaine morbidité, fini le temps de la déchéance, de la dope, Mano Solo est vivant, et le chanteur l'affirme dans le nouvel album qui vient de voir le jour « Dehors » et de crier « J'ai soif de la vie » rien de tel que cette phrase pour resituer le personnage. La voix est toujours là, brisée, et lance ses mots comme des éclats de verre, brisant la monotonie que le chanteur fuit. Arrive avec cet album d'autres senteurs, des rythmes de flamenco et de reggae, et puisqu'il chante la rue et le quotidien, le piano à bretelles accompagne ses mots sur un air de java ou de musette. A découvrir sur scène, car Mano Solo sait faire passer des frissons sur les spectateurs. A chaque fois, c'est salle bondée, il pousse sa voix qui déraille, poussant la chanson dans ses retranchements les plus secrets.