Le 24/04/2007 - Olympia / Paris.
Et bien voila, voila, voila, ... enfin. Dans mon précédent post (voir ci-dessous), j'avais été un peu déçu par le concert de Jeanne Cherhal au Trianon. A l'époque, j'avais noté un manque d'investissement et peu d'originalité, voila qui a été complètement corrigé hier soir à l'Olympia. On a redécouvert la nantaise avec tous les éléments qui font son charme. C'était la même tournée que la dernière fois, le décor était le même avec les bouteilles d'eau suspendus, et ont eu donc droit aux mêmes morceaux avec quelques ajouts supplémentaires. Le concert débuta avec un « canicule » dansant pour ce mettre en jambe. Jeanne était en forme et cela se sentait dès le départ. Elle nous gratifia rapidement d'un excellent « on dirait que c'est normal », beaucoup plus enlevé qu'en studio. Très rythmé, ce titre nous apparaissait sous un jour nouveau. La plupart des très bonnes chansons de son dernier album étaient interprété : un « voila » bien mieux réussi que la dernière fois et sans fausses notes et faux départ, un « la peau sur les os » qui selon ses dires « envoi du bois » et qui effectivement n'avait pas grand-chose à envier aux guitares d'une Mme K déchainée (elle est déjà une référence), une version de « une tonne » dans laquelle tout le monde participa à coup de Pom Pom et avec l'aide de trois cuivres qui créèrent une ambiance particulière, le tout rythmé par son batteur qui se mit à faire une session de rythmique vocale sur ce titre, l'agrémentant de quelques cris bizarres qui faillirent bien faire perdre à Jeanne son sérieux. Ces mêmes cuivres restèrent pour une des meilleures chansons de Jeanne : « la station ». Ce titre est déjà naturellement excellent, cette nouvelle orchestration lui donnait une dimension supplémentaire. Au rayon émotion, elle nous offrit une version de « tu m'attires », « la seule chanson d'amour du concert » nous annonça t'elle. On eu également deux belles versions de « rondes larmes » et le magnifique « le tissu ». « Frédéric », chanson dédié à « quelqu'un qui ne le sait pas » était également un grand moment. Entre tout cela, « l'eau » était là pour faire participer le public à quelques exercices rythmiques. L'indispensable « je suis liquide » fut également joué. C'est d'ailleurs le seul petit bémol de la soirée. Je ne sais pas si cela était volontaire ou pas (si ça l'est c'est pas forcément une super idée), mais il y avait énormément de réverbération sur sa voix. Les classiques de son précédent album furent également revisités : « ça sent le sapin » était là pour casser l'ambiance (dans le bon sens du terme), « un couple normal » était là pour nous ramener à la réalité, « le petit voisin » était là pour nous détendre, « rural » pour remettre un peu de rythme. Mais surtout, là où fut mon grand bonheur, était de retrouver la Jeanne que j'aime, qui par rapport au Trianon de la dernière fois, nous proposa quelques titres moins connus mais très appréciés de ceux qui connaissent ses enregistrements sur scène. La première surprise arriva avec « quand on est très amoureux », qu'elle interpréta seule au piano. En plus, par rapport à son concert à la Cigale, elle a rajouté des textes pour coller à l'actualité : un régal. Ensuite, comme la dernière fois, on eu droit à la minute sur le chapi et la chirurgie esthétique (« oui si tu veux » si mes souvenirs sont bons.) interprété en vocalise avec sa bassiste. Ensuite, une mention spéciale pour l'exceptionnel version de « un trait danger », interprété dans une orchestration « dub » qui ressemblait beaucoup aux chansons de l'album reggae de Gainsbourg. Enfin, elle nous gratifia d'une reprise très rock de « l'homme à la moto » de Piaf. Avec sa voix et sa guitare, l'interprétation fut parfaitement réussie. Durant le rappel, elle interpréta « les photos de mariage » en faisant montre de toute sa puissance vocale. Elle nous proposa un émouvant « merci ». Elle effectua un agréable retour dans le passé en jouant un morceau de son tout premier album (celui qu'elle avait complètement oublié au Trianon), et si « roberto » était demandé à la volée dans le public, c'est « avec des si » qu'elle interpréta (avec une petite erreur, mais ça faisait longtemps qu'elle l'avait pas joué.). Le concert se conclut par une « petite soupe » très pink floydienne ou elle s'éclata au clavier. Cette chanson était censé ne plus nous donner envie de la rappeler, ce qui ne marcha pas, mais termina tout de même le concert car elle ne reviendrait pas. Bon pour conclure, cette soirée fut un grand bonheur et un vrai régal. Après la déception de la dernière fois, je me doutais qu'elle avait juste passé une soirée sans, et je suis plus que ravi de cette nouvelle et vraie démonstration de son talent. Je ne sais pas si c'est l'effet Olympia par rapport au Trianon, mais la communion avec le public était beaucoup plus forte, et son investissement beaucoup plus marqué. On la retrouve joyeuse, dansante, rythmique, drôle, chambreuse vis à vis du public, mais toujours autant la peau sur les os. Pour cette soirée fabuleuse et ce concert envoutant, Jeanne, Merci. Et à la prochaine...