D’un côté un austère pianiste à la technique parfaite, belle
et imperturbable conscience de la bête, de l’autre un chanteur aussi
cabotin qu’attachant, à l’appétit de chanter époustouflant, corps
turbulent de la même bestiole. Mariage parfait de la carpe et du lapin,
de l’eau et du feu, du pauvre et du bling bling, Garance malaxe
l’époque avec une ironie juste, s’autorisant toutes les exubérances,
les folies. La voix se jette dans les chansons comme si la vie en
dépendait (et comme bien peu de chanteurs osent le faire), toujours
retenu par le fil invisible attaché aux touches noires et blanches de
son imperturbable et imperturbé alter ego.