Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Nous sommes ballotés entre l'hyper quotidienneté d'une gad elmalite rampante et de ses blagues sur les supermarchés et le néodivertissement des minorités territorales exilés tels les chtis à mikonos, les chtis à hollywood, bientôt les chtis contre fantomas.
Loin de moi l'idée de fustiger ces nouvelles formes d'humour, car je ne pense pas qu'il faille s'en affranchir mais bel et bien se les réapproprier. S'emparer de ces nouveaux clichés pour les réinventer, leur faire dire un peu plus que ce qu'il laissait entendre. Fort de ce parti pris, j'ose alors penser une possible réconciliation entre Racine et Nabila ou encore entre les rappeurs et les philosophes.
C'est pour moi toute la grandeur de l'humour que d'allier le grotesque et la réflexion, que d'instiller derrière la drôlerie loufoque d'un personnage un regard particulier et parfois subversif sur un sujet, ce que Molière fait admirablement dans ses comédies.
C'est l'instauration des ces différents niveaux de lectures qui m'intéresse, cet espace qu'il peut y avoir entre l'intelligence, l'érudition et la grivoiserie la plus viscérale. Ce que Rabelais disait aussi quand parlant de ses écrits il émettait le doute qu'il puisse y avoir derrière sa prose scatophile une vérité plus profonde.
