Il s'ensuit un dialogue intense entre les musiciens et le directeur artistique. Rien ne va de soi, tout est matière à étude. Qu'y a-t-il exactement dans la partition ? Comment l'a entendue le compositeur à sa table de travail, dans sa tête ? Quelle est la distribution idéale de l'orchestre et à quelles conventions convient-il de se plier ? Quel était autrefois le son d'un basson ? Quel potentiel d'expression personnelle le morceau offre-t-il ? Tous les members de l'orchestre font cause commune pour mettre à nu les secrets du morceau de musique, chacun avec son savoir-faire, son instrument et sa relation personnelle avec la musique. Le fruit de ce travail de fond est magique. Graduellement, toute antinomie entre liberté artistique et nécessité historique s'estompe et Mozart obtient gain de cause : l'auditeur a l'impression d'entendre le compositeur lui-même.
Même la musique du dix-neuvième siècle, qui est moins souvent abordée sous l'angle historique que la musique baroque, renaît d'un souffle nouveau dans le laboratoire d'Anima Eterna Brugge. L'orchestre extrait des symphonies de Schubert et Beethoven des sons inédits et c'est pour l'auditeur un soulagement de laisser derrière lui les carcans d'un siècle de tradition d'exécution et d'entendre s'exprimer les œuvres du répertoire standard. L'orchestre a ainsi ouvert une voie ‘que l'on ne pourra plus ignorer à l'avenir, si l'on veut exécuter la musique du dix-neuvième siècle de manière crédible.' (Herman Baeten, Schubert zonder bril, 1997, Alamire.)


septembre 2006
Ravel: Bolero et autres
février 2004
Haydn: Symphonies N°44 funèbre et N°45 les adieux

avril 2003
Mozart: Symphonie N°39, N°40 et N°41