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PLACEBO

Genre : Rock
Brian Molko et ses deux comparses sont de retour avec un nouvel album, Batle For The Sun, des nouveaux titres que l'on découvrira bien évidemment en concert, terrain de prédilection du trio. (...)


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ALBUM
Live at La Cigale
"Live at La Cigale"
2011 - EMI

En deux albums, Placebo s'est imposé comme l'un des groupes les plus charismatiques de sa génération. Leur nouvel album «Black Market Music», peut être moins intimiste, distille tout autant leur pop-punk sulfureuse. Tour à tour furieuse, mélancolique ou plus expérimentale. Ce trio avait déboulé sur nos scènes, en 96, en première partie de David Bowie, bousculant nos habitudes, nos oreilles et notre conformisme. Composé de Brian Molko (chant et guitare), de Stefan Olsdal (basse, guitare + clavier) et Steve Hewitt (batterie) -pour la petite histoire, un Américain, un Suédois et un Anglais-, le groupe célèbre une certaine idée de la trinité (le Shinto japonais n'est pas loin !), privilégie à tout prix l'unité entre ses trois membres (ils sont devenus de véritables amis). Placebo a d'entrée de jeu su se trouver une voix, un vocabulaire et une identité de groupe très forte. Défiant les règles établies et stéréotypées de l'identité et du sexe, jouant des ambiguïtés, cultivant une musique hors norme, loin des tendances du moment (on est alors en pleine effervescence britpop). Leur son se rapprocherait beaucoup plus des contrées explorées par Sonic Youth ou PJ Harvey, de l'émotion propre aux œuvres de Tom Waits. Ils la définissent eux même comme de la punk-pop. Ils ne sont d'ailleurs pas loin de se considérer comme un groupe punk ! Un groupe controversé, souvent mal compris, qui aime surprendre, être là où on ne l'attend pas et qui n'hésite pas à se préserver dans le mystère. Créant souvent des malentendus par un humour plutôt noir, vivant de façon extrême, parlant passionnément, aimant choquer quelque part. Leur premier album parlait de sexe, ils ont dit de leur deuxième qu'ils déclinaient les affres de la dépression post-coïtale. Les chansons de «Black Market Music» racontent des histoires, presque des petites nouvelles, et font allusion à l'amour, la perte de l'amour, la violence, le meurtre, la religion, la mort. Certains titres ont même une envergure politique (en réaction aux émeutes anti-capitalistes de Londres et Seattle). Sur scène, le groupe dégage suffisamment d'ambiguïté et d'ambivalence avec son look androgyne, ses visages maquillés pour interpeller le spectateur. Ensuite, il y a ce son qu'ils balancent la rage au ventre, cette énergie brute, ces riffs de guitares saturées, cette voix typée masculine et féminine à la fois. PALAIS DES SPECTACLES de ST ETIENNE, 42 (07/11/2000) (...) D'emblée, avec "Black Eyed", le ton est donné. Le son est énorme mais, hélas, loin de la perfection, trop d'aigus pour mes tympans fragiles. Le groupe alterne chansons agressives et ballades glamour à un rythme effréné. Les singles tirés du troisième album ("Taste in Men", "Slave to the wage", « Days before you came », "Special K") viennent enrichir un répertoire déjà riche en tubes ("Nancy Boy", « Teenage Angst", "36 Degrees", ...). Impossible de tout citer. Le public stéphanois, réputé difficile (dixit Brian Molko himself), s'est déplacé en nombre et, sans être en délire, semble tout de même surpris par la puissance de feu de Placebo. La pop sucrée est laissée au placard (sauf "Commercial for Levi", titre sur lequel Brian sautille le long de la scène) au profit d'une déferlante de riffs ravageurs, soutenus par une batterie exceptionnelle. Brian Molko, de noir vêtu, point trop grimé, a laissé à Stephan le port de la jupe longue. Le 4ème larron se cache derrière le bassiste ; son soutien rythmique à la guitare, à la basse ou aux synthés grossit le son du groupe. Le leader est ce soir en verve. Dans un français impeccable (hérité de son enfance luxembourgeoise), il répond à une basse insulte venu du public, l'invitant au respect mutuel ; un peu plus tard, encore moralisateur, il interpelle les internautes : "Achetez l'album, ne le téléchargez pas avec Napster !".Le set est d'une densité rare. Les morceaux plus calmes ("Narcoleptic", "Peeping Tom") sont un bienfait et prennent toute leur dimension en live : Brian pousse sa voix sensuelle, un peu cassée et toujours juste, sous des jeux de lumière rouge et verte ; ambiance gothique réussie ! Après une heure et quart de concert, le groupe feinte le départ et revient pour trois morceaux atmosphériques, faisant attendre un public avide de distorsions. Placebo fait monter la sauce sur l'intro de "Pure Morning", Brian montre le chemin en tapant dans ses mains, le public entre enfin en communion avec le groupe : "C'est la lutte finale !" répète Brian, apparemment renseigné sur le passé communiste de la région stéphanoise. Placebo nous quitte sur une version live impressionnante de "Pure Morning", qui nous laisse rêveur sur la sortie prochaine d'un live. Les lumières s'allument trop vite, je suis surpris en train d'hurler "encore !".
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