Fille d'un trompettiste (Matthew Garrett), la jeune Dee Dee (née à Memphis en 1950) pratique le rock et le rhythm and blues, quand elle rencontre puis épouse le trompettiste Cecil Bridgewater. Avec lui, elle commence une vraie carrière de chanteuse à New-York dans les années soixante-dix. Elle y travaille aussi bien avec Pharoah Sanders qu'avec Stanley Clarke, Roland Kirk et Dizzy Gillespie.
Après s'être séparé de son mari, elle tente sa chance du côté de la disco, du funk et de la comédie musicale. C'est justement lors de son passage à Paris en 1984, en tant que vedette du spectacle “Sophisticated Lady” qu'elle décide de s'installer en France. Là, elle interprète notamment le rôle de Billie Holiday dans “Lady Day” -on la verra plus tard dans un “Cabaret” mis en scène par Jérôme Savary et dans “Carmen”-, forme un quartet et enregistre un duo avec Ray Charles pour une chanson, “Precious thing”, qui devient un tube en 1990.
Devenue vedette, Dee Dee profite de sa notoriété pour s'imposer, définitivement, dans le gotha des grandes chanteuses de jazz. Les concerts et les disques s'enchaînent. Parmi ses enregistrements les plus remarqués figurent un chant d'amour pour le jazz classique (“Keeping tradition”), un hommage à Ella Fitzgerald (“Dear Ella”) et surtout un superbe album de chansons signées Horace Silver (“Love and peace”). Parmi les musiciens qui l'accompagnent régulièrement, on trouve notamment le batteur André Ceccarelli et le pianiste Thierry Eliez, lequel reste son plus fidèle servant.
Empoignant avec vigueur et entrain son public, Lady Dee est infatigable quand elle monte sur scène. Personne ne peut rester indifférent à cette pétulante chanteuse qui personnifie le jazz, à la fois artiste sensible et professionnelle chevronnée. Aller la voir et l'écouter c'est faire acte d'allégeance !
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