Non seulement Bettauer et Breslauer avaient vu juste, mais la dystopie s'est transformée en une tragédie bien réelle. Dans le film, on assiste à l'arrivée au pouvoir en Autriche d'un chancelier antisémite, qui décide de chasser tous les juifs du pays - une décision qui n'est que trop chaleureusement applaudie par les non-juifs.
Victimes de nombreuses exactions (représentées à avec toute la panoplie de l'expressionnisme), les juifs finissent par quitter le territoire - non sans une petite intrigue amoureuse à la Roméo et Juliette au passage. Très vite cependant, on s'aperçoit du rôle que les juifs remplissaient à tous les niveaux de la société...
Olga Neuwirth n'en est pas à sa première musique de film. Habituée à transposer à la composition musicale les techniques propres au cinéma que sont les zooms, gros plans, travelings, panoramiques, fondus enchaînés, plans séquences et autres surexpositions, elle construit sa musique en contrepoint de l'image afin de souligner, sans redondance, les lignes de force du chef-d'œuvre de Breslauer.

