TY SEGALL

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Genre : Rock
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31-01-18 - ALBUM DE LA SEMAINE / Ty Segall & His Freedom Band - Freedom's Goblin

Comme - presque - chaque début d'année depuis 10 ans, Ty Segall joue les rois mages en offrant à ses fans un nouvel album. Accompagné - cette fois - de son "Freedom Band", Ty est bien décidé à prouver qu'il n'est pas venu "beurrer les sandwiches" ou faire de la figuration et qu'une fois encore, il va falloir compter avec lui en 2018 avec ce "Freedom's Goblin" sorti ce vendredi 26 janvier 2018.

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Ty Segall a commencé en tant que batteur, avant de découvrir le punk rock et de passer à la guitare dès l'âge de 15 ans. À 20 ans, il a sorti ce qui restera comme son 1er album solo "Horn The Unicorn", aujourd'hui introuvable. Un an plus tard, sa rencontre avec John Dwyer - autre musicien underground hyper prolifique et (accessoirement) leader du groupe de percussionnistes Thee Oh Sees - lui a permis de se faire connaître avec la sortie de son album éponyme "Ty Segall". Vous l'avez compris, les rencontres artistiques ont toujours eu une importance prépondérante dans la carrière de Ty Segall... Cette nouvelle production ne déroge pas à la règle et porte le sceau d'un nouveau venu - le légendaire ingénieur Steve Albini - qui a supervisé les sessions d'enregistrement de "Freedom's Goblin".

Après avoir passé l'essentiel des 2 dernières années à écumer les scènes du monde entier, Ty Segall a passé le 2ème semestre 2017 à nous mitonner un nouvel opus avec son "Freedom Band". Dans la foulée d'une année 2016 particulièrement productive - avec notamment son LP "Emotional Mugger" - Ty Segall avait décidé de modifier sa démarche artistique et de sortir un EP plus "modéré", ce qui a provoqué le courroux de ses fans les plus assidus, particulièrement friands de ses fameuses performances déjantées. Mais chassez le naturel, il revient au galop... les tendances excentriques mentionnées précédemment sont bel et bien de retour pour ce nouvel album.

Depuis une dizaine d'années, Ty Segall se déchaîne dans le métro américain, enregistre et tourne à un rythme effréné. Sa façon de jouer de la guitare évoque les guitar hero psych rock des années 60, mais son hyper-activité fait penser à l'ambition d'un jeune loup aux dents longues prêt à dévorer la concurrence. Selon une étude récente diligentée par les médias outre-Atlantique, il aurait écrit près de 300 chansons en 10 ans de carrière.

Sa discographie - "Freedom's Goblin" est le 10ème album solo de Ty Segall - est de celles dont on disserte aussi bien passionnément autour d'une bière entre potes qu'en famille autour du rosbeef dominical, et mélange le rock classique, l'esprit du punk et la vitesse du garage rock. Avec le temps, il a considérablement agrandi sa fanbase, passant du jeune homme "dealant" des cassettes home made de ses débuts au rouleur compresseur écoulant près de 100.000 exemplaires de chacun de ses derniers opus en une fraction de secondes, particulièrement auprès des jeunes.

Mais si son public est assez jeune, sa communication ne passe pas pour autant énormément par les nouveaux médias, comme les réseaux sociaux ou les services de streaming. A titre d'exemple, certains de ses albums produits par Drag City n'ont été disponibles sur Apple Music qu'en fin d'année dernière. Voulant exacerber ce désir d'indépendance, Ty Segall a même lancé en 2013 son propre studio dans le nord de la Californie, à San Francisco.

Il est toujours remarquable de constater que malgré sa production limite stakhanoviste Ty Segall n'a jamais déçu son public. Oh bien sûr, il y a parfois eu 1 ou 2 fautes de goût, mais jamais un album entier. Ce qui fait de Ty Segall une valeur sûre et l'a propulsé au rang de légende du Garage Rock. Cependant, si le prince du Rock Underground ne déçoit - presque - jamais et a toujours sorti des albums solides, il semblerait qu'il n'ait - jusqu'à présent - pas encore réussi à sortir son chef-d'œuvre ultime.

Cette tendance pourrait bien s'arrêter avec "Freedom's Goblin" - le 10ème album studio de Ty Segall - qui, s'il est - peut-être ? - sa production la plus ambitieuse et l'une de ses plus réussies ressemble également à l'album culte que le public est en droit d'attendre, compte tenu du potentiel et de l'immense talent du maestro du riff sauvage.

A l'aube de la sortie de son nouveau LP, le roi du rock underground - Ty Segall - a réfléchi sans relâche à la possibilité de transformer son son brut et sauvage en quelque chose de plus "consensuel".

Doté de 19 chansons, "Freedom's Goblin" est l'album le plus ambitieux de Ty Segall à ce jour en terme quantitatif, mais ce qui est encore plus impressionnant, c'est la qualité et la variété de ce nouveau disque, qui ne manquera pas de vous séduire du long de ses 75 minutes. 19 morceaux donc. Voilà qui tranche avec ses productions habituelles, plus courtes... 19 morceaux comme 19 odes à la liberté qui balayent d'un revers de main - ou plus exactement d'un riff vengeur - toutes les idées préconçues sur Mister Segall.

Mais ce qui est peut-être le plus intéressant, c'est son nouvel amour pour les cuivres et ses incursions occasionnelles du côté du funk, ce qui fait de "Freedom's Goblin" un projet nouveau et très excitant. Ouvrant par un morceau façon guitar hero à la fois énergique et agréable - "Fanny Dog", en hommage à sa chienne - avec de nombreux clins d'oeil au punk, au psychédélisme et au rock classique, "Freedom's Goblin" reprend presque là où "Manipulator" nous avait laissés. Puis vient le tour de "Rain", qui nous étonne et nous prend - un peu - par surprise avec un titre aux accents épiques - une ballade à base de pianos - aux antipodes de son homonyme des Beatles, comme une procession à travers les rues de la Nouvelle-Orléans à 4h00 du matin. Comme il l'avait fait par intermittence dans son album précédent, "Freedom's Goblin" ouvre grand les robinets de la machine à sons et à influences du maître : disco avec "Despoiler Of Cadaver", un featuring de Mrs. Segall un brin vénère sur "Meaning", du bon vieux rock à riffs old school avec l'orgiaque "She", la déjantée "Talkin 3" à base de saxo... Bref, tout le catalogue y passe.

Tout ceci afin d'illustrer le thème de la liberté en musique. Enregistré dans plusieurs studios américains, ce projet se veut très ambitieux. En effet, à une époque où le format album n'a jamais semblé autant désuet et en danger, sortir un 2xLP de 19 titres relève de la prise de risque, voire - presque - de l'inconscience. Pourtant, tout s'imbrique merveilleusement et l'éclectisme des morceaux est la - plus ? - grande force de cet opus. Les délires stylistiques - pourtant pas si nouveau pour Ty Segall - donnent naissance à des chansons très réussies comme les funky "Talkin 3" et "The Main Pretender", portées par un saxo enchanteur. En effet, plus dansante, la dernière citée nous fait penser à certains morceaux du légendaire groupe glam T.Rex, l'une des principales idoles de Ty Segall. Cette influence semble encore plus forte sur "My Lady's On Fire", une mélodie acoustique d'un autre monde. Bref, cet album est une réussite, et ce malgré les petits temps morts sur "Cry Cry Cry" et 

Compte tenu de son hyper-productivité, il est remarquable que Ty Segall ne succombe pas aux sirènes de l'auto-suffisance ou du "plagiat" de ses idoles. Si la recette Ty Segall est maintenant bien connue de son public, avec ce "Freedom's Goblin" il réussit une nouvelle fois à susciter l'intérêt, à intriguer, à désarçonner, à captiver son auditoire sans pour autant renier le Garage Rock brutal qui fait sa renommée, et à contribuer à lui constituer une fanbase solide.

Bien loin du psych rock de "Emotional Mugger", Ty Segall regroupe toutes ses influences et ses névroses sur un même support. Si - comme il a été dit précédemment - quelques titres peuvent être considérés comme superflus, ce disque se révèle être une entreprise réussie et se classera sans aucun doute parmi les monuments du rock actuel. Pour comprendre, il vous suffira de vous plonger avec gourmandise dans l'épique "And, Goodnight", morceau de clôture qui mélange habilement ballade et solos de grattes virtuoses pour 12mn de plaisir indescriptible. Fidèle à son nom, "Freedom's Goblin" explore les 2 faces de son auteur : déjantée et très disciplinée, l'ombre et la lumière, la glace et le feu, ange et démon.
"And, Goodnight" : https://www.youtube.com/watch?v=2vJ...

Les mélodies brillent de mille feux et les riffs de guitares sonnent comme à la meilleure époque des guerres fratricides du rock des années 70. Cela fait 1 an que le dernier album de Ty Segall est sorti, ce qui - pour un artiste "normal" - est un délai assez court mais pour notre hyper-actif, cela nous a semblé une éternité. Un constat s'impose : Ty Segall a fait en sorte que l'attente vaille la peine !

Le point culminant en est le cover du classique disco de Hot Chocolate (Band) "Every 1's a Winner". Ty Segall dépoussière l'originale avec une bassline trouble et un funk rock lugubre, presque à la façon de Prince. En reprenant ce classique - sur lequel très peu ont osé s'aventurer - le maître réussit à lui rendre justice, y ajoutant son fuzz caractéristique, ce qui fait que le morceau sonne plus comme un pur produit de son propre garage rock déjanté et génial que comme une reprise. "Despoiler Of Cadaver", exploite cette nouvelle direction et s'avère être l'un des morceaux les plus intéressants de l'album. Probablement l'une des chansons les plus singulières et originales de Ty Segall, et - sans doute - l'une des plus cools également.

Sur "Freedom's Goblin", Ty Segall poursuit la progression vers laquelle ses albums tendent depuis 5 ans. Avec cet opus, nous avons la collection - au sens noble du terme - la plus éclectique de chansons que le roi de la scène Garage Rock US ait jamais réunies sur un seul album. 19 pistes offrant une démonstration de force de toutes les directions musicales possibles lorsque - comme ici - vous avez affaire à un virtuose de la guitare, sorte de Docteur ès riffs : ballades, des reprises disco, airs de rock country... Et sa mutation n'en est semble-t-il qu'à ses débuts, puisqu'en bon adorateur du Wu-Tang Clan et - plus globalement - du rap des années 90, Ty Segall ambitionne de collaborer un jour à un album de hip-hop. Un chapitre de plus dans sa légende...
Ne vous y trompez pas : il s'agit une direction artistique originale pour Ty Segall, et il serait intéressant - voire génial - qu'il essaie de pousser cette exploration plus loin. Cela ne semble pas être à l'ordre du jour pour le moment mais avec Docteur Ty et Mister Segall, sait-on jamais...

Il est également intéressant de noter que plusieurs morceaux de ce nouvel opus voient Ty Segall exploiter complètement ses compétences mélodiques. Non seulement "Freedom's Goblin" est l'album le plus ambitieux de Ty Segall à ce jour, mais c'est aussi probablement son album le plus éclectique. Jamais il n'a été inspiré par une telle variété d'influences, ce qui est déjà impressionnant en soi, mais si l'on considère que pratiquement toutes les chansons sont très bonnes voire excellentes, on se rend compte à quel point ce nouvel album du Maestro est génial. Cette diversité peut sembler quelque peu déconcertante de prime abord, mais après plusieurs écoutes, vous commencerez à prendre la mesure de l'oeuvre présentée ici. Une expérience d'écoute captivante et divertissante du début à la fin.

Ces mots ne prendront tout leur sens que lorsque vous aurez effectué une première écoute de cet album mais "Freedom's Goblin" est une nouvelle marche vers une oeuvre qui serait la quintessence de Ty Segall.
C'est une chose d'être prolifique, mais c'en est une autre de le faire avec une telle qualité, réglée comme la mécanique bien huilée d'un coucou suisse. Si cette dernière décennie de musique nous a appris quelque chose, c'est bien que Ty Segall est capable de conjuguer quantité et qualité et que "Freedom's Goblin" n'en est "que" le dernier exemple en date. Même s'il traduit - parfois - sa force primitive de façon poignante, Ty Segall n'a épargné aucun riff à l'auditeur dans sa quête pour exhumer la gloire et ressusciter la grandeur passée du rock'n roll. Remettre la guitare au centre des attentions et du processus créatif, voilà le vrai génie de Ty Segall !

Si Ty Segall est un érudit du rock, ce nouvel opus pourrait bien marquer le début d'un règne sans partage sur le monde du rock...


Chronique rédigée par Manu que vous pouvez retrouver sur Facebook et Twitter

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