Le 11/06/2007 - Zénith / Paris.
Absolument monumental. J'en suis pas encore redescendu. Tout cela reste forcément très subjectif, mais à mon avis, Jack White est aujourd'hui définitivement le meilleur guitariste du monde. Ce qu'il arrive à faire seul et la présence musicale que cela rend sur scène est absolument unique. Croyez moi, j'en ai vu un paquet des musiciens depuis deux ans, c'est la deuxième fois que j'allais voir les Whites Stripes et c'était encore plus ahurissant. Ils savent tout faire avec une patte qui reste très personnel. On passe du rock, au blues à la country avec une aisance et un touché de guitare qui est tout simplement magique. Mais il n'y a pas que ça et Jack montre aussi qu'il a un véritable organe vocal. Sa voix est capable de prendre des intonations très différentes et même si on le remarque moins, il n'a pas grand-chose à envier aux autres sur ce plan là. Ce qui est incroyable, c'est l'impression de bordel organisé qui ressort de l'ensemble. Un néophyte peut en effet avoir le sentiment que Jack s'éclate en nous proposant buf sur buf, mais quand on connait son répertoire, on constate que tout est travaillé à la perfection et qu'il n'y a pas de coup de gratte anodin (et pourtant il y en a un paquet). Ils ont bien évidemment joué quelques morceaux de leur prochain album qui s'annonce être une pure merveille et dont le sens du rythme est indéniable. Sinon ils ont joué la plupart de leur classique. Je ne pourrais pas tout citer car il n'y a pas eu un titre décevant, mais j'ai notamment était marqué par un excellent « Do ». Le summum du summum revient tout de même à l'exceptionnel version de « Ball and biscuit », interminable et tout en riffs bluesiens, et qui représente, à mon avis, la quintessence de ce que savent faire Jack et Meg. Cette dernière s'est d'ailleurs illustrée en interprétant « In the cold night », pour tenter de rafraichir un Zénith chaud bouillant. Elle ne chante pas mieux qu'avant mais ça marche quand même. Après une heure ininterrompue, le rappel est venu nous rappeler (étonnant non ?) que les concerts des White Stripes ne durent jamais très longtemps. Ils réapparurent pour faire chanter le public avec un brillant « I just don't know what to do with myself » et, bien évidemment, l'indispensable « Seven Nation Army ». Là ça marche encore mieux qu'avant si c'est possible. Jack parvient à mettre en transe 5000 personnes avec sa guitare électro acoustique bizarre. Après un hommage du public à coup de « pom pom pom pom » digne des grandes soirées de ligue 1 française (oui le terme « grande » est exagéré), les White Stripes ont disparu au bout d'une heure et quart. La déception due au temps est certes présente, mais le spectacle vécu est tellement extraordinaire qu'il est totalement impossible de ressentir le moindre sentiment négatif. En tout cas, en 1h15 on se vide la tête comme il faut. Bon, pour résumer, il ne faut pas hésiter à y aller, les White Stripes sont aujourd'hui un groupe totalement unique. Même pour ceux qui ne connaissent pas, il faut aller les voir car Jack White est à lui seul le stéréotype de ce que tout fan de rock a fantasmé lorsqu'il était jeune. A le voir seul triturer ses guitares avec un touché de rêve on se ré imagine jeune simulant le guitariste dans sa salle de bain. Si j'avais pu en être un seul, ce serait lui. Leur prochain concert va être très long à attendre.