"Someday we will foresee obstacles dit le titre du disque. Il est pourtant un obstacle que Syd matters vient de franchir avec une agilité d'esprit réjouissante : l'épreuve dite du second album.
[...]
Plus luxuriante sa musique n'en perd pas moins son centre de gravité et elle gagne même en profondeur. Jonathan est encore jeune mais a saisi l'essentiel: Lorsque j'avais 17 ans j'étais obsédé par l'idée d'être original. Aujourd'hui, je sais qu'être original, c'est être le plus proche possible de soi. Les musiciens que j'aime ne se rattachent à aucun genre, aucune scène. Ce sont des personnalités qui ont leur propre univers: Robert Wyatt, Kurt Cobain, Nick Drake ou aujourd'hui des gens comme Radiohead, Hermann Düne ou Joana Newsom.
Ainsi agissent les compositions atmosphériques et denses de ce nouvel album. Par-delà la tradition folk (Middle-Class Men), rock (Someday Sometimes) et pop 60s (To All Of You), elles sont une éloge de l'intelligent et du simple, une ode à la lenteur et à la spontanéité. Syd matters nous plonge à travers ses chansons dans des rêves étranges et vastes, informés par la douleur du monde et la beauté des existences, marqués par la chaleur et l'inquiétude. À l'image de I Care, l'un des sommets de l'album, comptine mélancolique et voluptueuse, enregistré en duo avec l'un des héros internationaux de Syd : Euro Childs, chanteur du groupe Gorky's Zygotic Mynci. C'est sans doute le plus beau moment de ma courte carrière. Là j'ai rencontré quelqu'un qui malgré les aléas de carrière, ne pourra jamais faire autre chose que de la musique.
Et ce faisant, Syd a trouvé la clé de l'innocence continuelle : celle qui, apprenant sans cesse, se réinvente à chaque étape."
Philippe Nassif