Alors qu'il se la joue hip-hop depuis maintenant plus de 5 ans, Pierre the Motionless n'est en fait qu'un français qui fait des beats que même votre tante aigrie cinquantenaire pourrait aimer.
Ceux qui le connaissent vous diront que ce père et mari aimé est plus emo qu'il ne veut le laisser croire, et au cas où ça ne sonnerait pas assez gangster pour vous, sachez que la plupart des rappeurs le surnomment Papa Pierre. Ses collaborations avec des artistes tels qu'Astronautalis ou Thesis Sahib ont permis à sa musique d'atteindre un public qui s'étale sur plusieurs continents, fait confirmé par la tournée qu'il a réalisé aux Etats Unis et au Canada en 2009, quelques mois après la sortie de The inertia of an accent at rest, l'album de son groupe Motionless. Avec autant d'amis dans les hautes sphères du rap alternatif, et un nombre potentiellement inconsidérable d'activités pas très catholiques dans lesquels ils pourraient le conduire, il semble peu probable que Pierre quitte le monde du hip-hop indé avant un sacré bail.
Swordplay, de son côté, est un MC voyageur doublé d'un imprévisible poète activiste à l'oeil sauvage, que ses proches appellent Isaac Ramsey à l'occasion. Depuis 2004, ses commentaires socio-politiques traduisent une fervente passion pour la pisse et le vinaigre, et le contenu de ses textes n'a de cesse d'attirer de nouvelles audiences américaines qui se retrouvent dans des thèmes comme le capitalisme d'entreprise, le déclin urbain, la désillusion de masse, l'amour et la guerre. Après la sortie de son maxi The Tilt EP en 2005 et de l'album Cellars and Attics qui a suivi en 2007, Swordplay est parti en tournée en 2009 direction l'Europe et l'Amérique du Sud, atterrissant finalement à San Salvador où il a employé son temps à tenir des ateliers d'écriture créative et de fabrications d'instruments maison pour enfants.
Il continue aujourd'hui à dispenser des cours en périscolaire pour un programme d'art de sa ville natale de Richmond, VA et se produit localement avec Double Rainbow, son groupe de rock indé à grande gueule qui a fait ses débuts inattendus en 2011 avec la sortie de Fuck the Internet. La musique de Swordplay et Pierre the Motionless combine un flow vocal agressif avec l'architecture sombre d'un beatmaker qui flirte entre le jazz et la folk. Après un travail assidu, le duo s'apprête à accoucher d'un à un premier album collaboratif nommé Tap Water. Alors qu'elle vit toujours dans le champ du hip-hop underground, la créature qu'ils ont créé mélange confortablement les genres, traverse les frontières et ne fait pas de quartier.
