Un artiste intègre qui continue d'appliquer toujours les mêmes principes. Cet enfant des ghettos (West Kingston) a toujours refusé les règles d'un jeu trop commercial et s'est toujours décarcassé pour les causes sociales.
Après des débuts avec son groupe, African Brothers, formé de Tony Tuff et Derrick Howard, il passe une poignée d'année chez Studio One et l'aile protectrice dirigiste Clément Dodd. Années de formation, rencontres multiples avec les artistes de l'époque (chanteurs tels Alton Ellis, Ken Boothe... et musiciens créateurs de riddims comme Jackie Mittoo). Il se fait connaître, développe son talent vocal et signe ses premières chansons. 1979, fin de son apprentissage : il fonde son label "Black Roots" et crée dès 83 son propre sound (Youth Promotion Sound System) qui verra défiler pléthore de jeunes talents en herbe (Garnett Silk, Junior Reid, Yami Bolo, Ranking Joe...).
Les textes de Minott évoque la vie quotidienne du ghetto : la faim, le désuvrement, Jah, les espoirs et regrets de ces délaissés. Même graves et sérieux, les propos de Minott réussissent toujours à garder une note d'humour.
Quelque soixante albums plus tard, Sugar Minott est toujours ce producteur infatigable, défenseur des opprimés. Reconnu chez lui, mais aussi au Japon, il reste un grand nom dans l'histoire de la musique jamaïcaine. Malgré une notoriété en dents de scie, son passage en France pourrait exciter les vrais amateurs de good vibes.