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Depuis son dernier album Supermoon, paru en 2015, pas mal de choses ont changé pour Sophie Hunger, qui a déménagé à Berlin et s'est passionnée pour les synthétiseurs analogiques et la musique électronique, indissociable de la ville. Elle a abandonné ses instruments classiques pour des boites à rythme et des logiciels et décidé d'écrire tout un album en anglais, elle qui, jusqu'alors, écrivait en mêlant anglais, français, allemand et suisse allemand.
« C'était bancal. Les bons jours, je me voyais défier la tyrannie de la culture pop anglaise ; les mauvais, je réalisais fuir la confrontation en me cachant derrière cet étrange mélange de langues. » Enregistré presque entièrement en solo, l'album offre un voyage dans l'esprit de cette artiste depuis longtemps très appréciée des musiciens et des connaisseurs européens, artiste désormais sur le point de planter son drapeau sur le sol anglais.
L'album "Molecules", qu'elle décrit comme de « l'électro-folk minimaliste », reste pourtant du Sophie Hunger tout craché. Ses plus grandes qualités (une délicatesse ingénue contrastant fortement avec un côté sombre et solitaire) n'ont pas changé. D'étranges bribes d'ambiance de fête foraine ponctuent toujours sa musique, rappelant Beth Orton et Regina Spektor, mais Sophie Hunger reste inlassablement aussi mystérieuse et sûre d'elle, tout en retenue, au point que l'on n'ose pas lui poser certaines questions de peur de paraître trop intrusif.