Restez informé !
Depuis les premières notes du désormais célèbre "Burning Up", produit sous la houlette d'Xterminator, Sizzla Kalondji est devenu un chantre de l'énergie du reggae reconnu et adulé en Jamaïque comme ailleurs. Personnage emblématique d'un rastafarisme militant et austère, le bonhomme ne se contente pas de jouer un reggae classique, mais a su y apporter une touche personnelle, un timbre de voix capable de naviguer entre les graves et les aigus avec une aisance déconcertante. Laissant exploser ses mélodies vocales en autant d'a capella incrustés dans ses titres, Sizzla est capable de passer sans mal de quelques mélopées langoureuses à un ragga des plus agressifs, tout en conservant cette sinuosité vocale qui lui est propre et en changeant de note à chaque syllabe, comme sur le titre "Mockeries and phrases", emblématique de son style. Avec les albums "Paise ye Jah" sur lequel il affirme ses convictions rastas et surtout "Black woman and child", chef d'uvre de reggae moderne, il est parvenu à imposer sur la scène internationale, un reggae conscient de sa culture, de son passé et de son avenir. Largement impliqué au niveau spirituel autant que politique, Sizzla épingle soigneusement le "high-power" de Babylon, la condition des noirs au niveau international et se fait le porte-parole de l'esprit rebelle d'une jeunesse jamaïcaine opprimée, tout en tenant un discours énigmatique et pas toujours bien perçu, à l'attention des blancs. Mais c'est en 1999 qu'il explose aux yeux du monde en posant sur disque plus d'une cinquantaine de titres répartis en huit albums, et parmi lesquels on retiendra un "2 Strong", en forme de compilation, enregistré aux côtés d'Anthony B. et "Bobo Ashantis" sur lequel il laisse libre cours à un développement de l'éthique rasta au service du retour en Afrique. Mais si sa virtuosité vocale en a fait un incontournable du genre, Sizzla est également devenu un icône de la culture reggae des années 90 par la portée et l'influence de son discours. Membre de la communauté Bobo Ashanti, secte éthiopianiste de rastas enturbannés, mal considérée en raison de son interprétation de la notion de race, Sizzla participe d'un grand mouvement de retour aux sources spirituelles de la culture noire. Alors que la culture rasta perdait de l'influence sur la jeunesse depuis la fin des années 80, son engagement et la véhémence de ses propos ont su capter l'attention et les espérances d'une génération en perte de repères. A suivre de près...