"Sing Sing fait parler les morts ou parle à leur place, sonde les secrets de famille, ausculte les passions déviantes et les sexualités troubles, le tout chuchotant, croonant, brâmant selon. Sa météo est déréglée, son jeu de guitare est heurté ; il fait trébucher, bégayer la langue française en litanies répétitives, récits troués, syllogismes et métaphysiques bleues. Son dandysme sale, son burlesque grave en font un zigue à part, peut être s'est-il fabriqué de toutes pièces ou bien fichtre, d'où débarque-t-il ? Après l'onirisme asséché de Ce Crachin Dru (2004) 10 titres folk, rural et cramé, son nouvel EP Ton Pire Cheval évoque entre autres et par effluves spectrales Gainsbourg, le Velvet, et les Ethiopiques, le Delta Blues et la Country patraque. Réalisé par l'excentrique et délicat Bertrand Belin, serti de violons nerveux, pianos enfantins, guitares hérissons et harmonies bizarres, c'est un disque schizophrène, à la fois secret et flamboyant, brut et sophistiqué. Il y est question d'enfance et d'alcool fort, de débacle climatique, d'amour pas net et de fantômes. C'est une procession funèbre carnavalesque avec hypnose en colimaçon et papier de verre."