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Shane Cough partage. Divise. Adoptant une attitude radicale, s'enfouissant intégralement dans son concept, le quatuor provoque une rupture brute chez l'auditeur. Rupture : terme qui convient tout aussi bien à leur musique ; compositions construites, réfléchies, où alternent fureur et douceur, bruit et apaisement. Un montage, un collage, rythmé : cinéphage. Shane Cough compose des chansons comme on fait un film. Références ? Dario Argento, David Lynch, Tim Burton... Cherche le cut, provoque des flashs, surtout éviter que l'on s'endorme devant l'écran ! La no-wave new-yorkaise croise les rythmiques enchevêtrées du catalogue Rephlex; guitares soniques et breakbeats alambiqués. Et une chanteuse aux intonations PJ Harvey joue : l'actrice issue des uvres de Murnau, Fritz Lang. L'influence européenne, d'obédience cabaret. Comme Sasha d'Heliogabale, avec l'option actrice rétro plutôt que rock&roll attitude. D'où des performances scéniques dévastatrices : ne pas laisser indifférent, but recherché. Quitte à vider la salle...
Ces Bretons sont bien loin des clichés biniou, ont réussi un alliage homogène : est-ce du rock, de l'électro ? Réponse impossible. Apparition : 1993. Balbutiements. Éclosion : 1996, visite des bars enfumés comme des free-partys. Explosion : 2000, passages au Printemps de Bourges, aux Transmusicales. Un premier maxi, puis l'opus fondateur : "Delight in disorder", incroyablement maîtrisé pour un premier jet. Détermination et assurance régissent le parcours de Shane Cough, annonçant un statut de groupe culte...
Nouvel album automne 2003