Le 11/09/2006 - paris.
Un 11 septembre à Paris...
...fut un jour différent. Se produisait à Bercy, Pearl Jam pour la tournée de leur dernier opus.
Je ne vais pas vous faire l'inventaire de la set list, d'autres chroniqueurs sont bien meilleurs à ce périlleux exercice. Parlons plutôt de la prestation scénique et de la claque que ces dix couilles de Seattle nous en mis en pleine figure, comme dirait mon ami biker « ils nous ont pas fait du rock de laupettes » !!!
Entrés simplement sur scène, quelques minutes après la remarquable introduction de My Morning Jacket ; enchaînant les titres à la volée, Pearl Jam n'a fait forte impression que par l'efficacité de son son pure, brut et vrai. Mais ce n'était sans compter une montée en puissance sans équivalent avec l'entrée en lis d'Animal, qui fut soit dit en passant la première grosse claque du concert, la seconde sera Even Flow.
Après, avoir joué son dernier single en date World Wild Suicide, est survenu un instant hors du temps, Eddie Vedder ramasse un morceau de papier chiffonné, et bredouille en français, dans un incommensurable silence, un humble remerciement à la France de son soutien lors des incidents survenus cinq années auparavant (dixit « nous sommes tous New Yorkais »), et de sa position face à aux décisions du gouvernement américain, enchaînant dans la foulée Daughter, dans une vague de cris, indiquant à leur président que « we don't need no education » (dixit Pink Floyd).
J'ai, pour la première fois, vu et compris ce que signifiait qu'un groupe communique avec son public, un groupe généreux, concept certes un peu désuet et surfait, un concert est avant tout un spectacle. Là, c'était différent. Pearl Jam était avec nous, nous étions avec Pearl Jam, et Bercy était en feu.
Ensuite, les titres s'enchaînent, la fosse houleuse, le sourire sur toutes les lèvres, une petite mort à chaque première note, « j'adore celle-ci » ou « c'est énorme » entendait-on tout autour de nous, réalisant que nous vivions sûrement un des meilleurs concerts de notre patrimoine musical, à Bercy de surcroît.
L'heure et demi de concert passée à vitesse grand V, les Ament, Cameron, McCready, Gossard et autre Vedder quittent la scène dans une nuée bleue, qui restera quelques minutes meublant le vide dans une horde de hurlements, suppliant le groupe de revenir jouer un tout dernier morceau, juste un. Les lumières ne se rallument pas, un espoir subsiste...
Au loin, la porte s'ouvre, ils reviennent en courant, montent sur scène, et entament, leur premier rappel, avec une force qui vous décolle la plèvre, Betterman que tout le monde attendait, celle que j'espérais parmi tant d'autres, Bercy en duo avec Vedder, finissant leur premier appel sur un Rearviewmirror qui « vous scotche les dents ».
Vous avez bien lu, leur premier rappel, ils sont revenus, toujours dans cette même nuée bleue, toujours en courant. C'est jouissif de venir voir un groupe que vous aimez tant, qui sait rendre à son public ce qu'il lui donne, et qui surtout ce soir là avait envie de jouer.
Ce dernier rappel fut sûrement le clou du show, Go, Do The Evolution, Alive, Rockin'the Free World, concluant par un Yellow Ledbetter ponctué de clins d'il à Hendrix notamment, jouant ces derniers morceaux toutes lumières allumées (salle comprise) comme si nous étions tous ensemble, à chanter, jouer, « se taper un buf » avec Pearl Jam !!! Un buf de 2h30, simplement merci.
Apres huit albums, un nombre incalculable de lives, singles et autres bootlegs, près de 60 millions d'albums vendus, ils n'avaient plus rien à prouver, ils nous l'ont tout de même fait, nous démontrant que le rock n'était pas mort, et contrecarrant certaines critiques mauvaises qu'ils étaient bien loin de s'assagir, de devenir comme d'autres des papis du grunge.
C'était notre première fois, ratant la tournée de Binaural, et étant trop jeune pour les tournées précédentes pour que « maman ne nous laisse y aller ! », ce fut la plus belle claque de l'année.
Pearl Jam est comme une très bonne bouteille de vin, écoutez toujours un peu les albums comme vous retourneriez vos bouteilles pour éviter les dépôts, juste ce qu'il faut, et patientez jusqu'au prochain concert, et vous aurez l'impression de boire le meilleur vin du monde avec un goût unique, une saveur et un grain qu'aucun autre vin ne pourra vous procurer. Merci les gars.
Foufasse