
Mais c'eût été sans compter sur son tempérament d'exploratrice à l'appétit marqué pour les aventures artistiques de toutes sortes. A la fois virtuose et sensible, elle aime emprunter les chemins de traverses pour réinventer tous les jours ce qui fait la nécessité de la musique pour elle.
« C'est une expérience rare et précieuse de pouvoir entendre un instrument vibrer, tout proche de soi, et d'être immergé dans la musique » dit-elle. Tout son projet est là, réussir à transmettre aux spectateurs quelque chose de l'étonnante vibration qui la traverse, de ce corps à corps si particulier avec le violoncelle. La musique pour elle se vit à fleur de peau.
Une écorchée ? Une femme de son temps quoiqu'il en soit, vivante, en prise avec à l'urgence de laisser vivre la musique en elle et autour d'elle, et s'il faut pour ça dire quelques mots, pourquoi pas. Vous l'aurez compris, beaucoup plus qu'un concert.
« Une violoncelliste brise le protocole d'un récital classique et nous dévoile ses préoccupations les plus intimes et extravagantes : ses états d'âme de violoncelliste solo, son inquiétude grandissante pour ses chers chats qu'elle confie, un rêve au parfum surréaliste, un petit personnage mystérieux qui disparaît sous nos yeux...
Alors la parole dialogue avec l'étrangeté et le lyrisme des sérénades et fugues de Benjamin Britten, l'élégance des gigues et sarabandes de J.S Bach, tandis que Frédéric Pattar nous livre sa dernière création pour violoncelle seul, Drink Me. » Noémi Boutin