Nada Surf est une histoire d'amitié qui dure depuis le collège. Matthew Caws, Daniel Lorca, Ira Elliot -le trio au grand complet- savent audacieusement doser les musiques qu'ils aiment : la pop, le rock voire le punk. Ce savant mélange étonnant et détonant s'intitule « Popular » en 1996. Le clip tourne en boucle, le single use les FM qui se risquent au rock, nous découvrons le phénomène.
Matthew et Daniel Lorca ont tous les deux passé plusieurs années en Europe : France et Espagne. Ils parlent donc bien le français et nous les suivons agréablement tout au long d'interviews et de retransmissions de concerts. L'album High/Low, dont est extrait le tubesque « Popular » devient rapidement disque d'or dans de nombreux pays européens. Avec ce disque, Nada Surf s'impose ; un groupe de rock américain à la sensibilité bien de chez nous est né. Nous sommes alors prêts à les suivre.
En 1998, le trio met en boîte « The Proximity Effect ». Le disque n'est pas soutenu par Elektra, leur label qui n'y entend aucun single « commercial ». L'album sort alors trop discrètement, et beaucoup passerons à côté d'un très bon disque. Nada Surf claque vite la porte de leur label et crée leur propre signature : MarDev Records. Nous sommes en l'an 2000, le combo enchaîne concert sur concert et accède au rang de groupe underground loin de toute politique mercantile.
En 2001, Nada Surf enregistre « Let Go » à Los Angeles, album qui rend hommage à tous les groupes avec lesquels les trois musiciens ont grandi : Big Star, New Order, ainsi qu'à leurs confrères d'aujourd'hui : Frank Black, Flaming Lips. Nada Surf n'est plus le groupe d'un single, comme on aurait pu l'imaginer.