KARAVAGE s’invite au Main Square Festival
Après avoir remporté le Pas-de-Calais Music Tour, tremplin des musiques actuelles, dans la catégorie Blues-Jazz, le quatuor marabouté de KARAVAGE ne pouvait rêver mieux que d’être invité à participer au plus grand festival du nord de la France, à Arras, la ville qui les a vu monter en puissance et en popularité ; c’est désormais chose faite : le groupe arrageois ouvrira la troisième journée de festivités, le dimanche 4 juillet – jour de Rammstein et Gossip – à 13h, sur la petite scène du ‘‘green room’’.
Juste un an et demi après la formation du groupe, on peut dire que le succès leur sourit, et qu’une belle réputation les précède déjà. Il faut dire que ces hurluberlus font écarquiller les yeux et défriser les oreilles. Sylvain Guichard Coeur-de-Lion exprime sa virtuosité sur sa guitare jazz au son tantôt cristallin, tantôt saturé, explosif. Brecht, le flûtiste-mélodiciste furibond, entre en transe. Dima convoque toutes les nuances d’un blues originel de sa voix rauque et chaude, totalement habité par l’univers qui semble en expansion, en suspension, pendant le concert. Le public est comme happé, transporté. Certains évoquent la folie divine du poète, l’ambiance « tripante » des Doors, certains une atmosphère Pink Floydienne, ou la puissance de Led Zeppelin ; les amateurs de blues reconnaissent l’inspiration du delta… J’entends parler derrière moi de Devendra Banhart… Tout le monde y trouve son compte !
« Notre but futur, explique Marc, batteur de la formation, serait de faire de nos concerts un véritable spectacle, des tableaux vivants, que l’on mettra en place lors de résidences d’artistes » ; Sylvain ajoute : « Nous tenons à travailler la mise en scène, l’évolution dramatique, le texte, les costumes, les lumières, les couleurs, les odeurs même… rien n’est exclu qui soit original, prospectif, baroque, et, comme nous, un peu fou ! », « C’est reconstituer l’univers de Caravaggio, peintre baroque maître du clair-obscur, poursuit Dima, dont la vie de damné nous inspire ; cette vie qui est aussi celle de Robert Johnson, le bluesman maudit qui fit un pacte avec le diable… cette vie de trop-plein… », et Brecht de conclure : « c’est étouffer l’air, noyer l’eau. »
Il n’y a pas de doute, les membres de KARAVAGE ne sont pas que des musiciens : ce sont des artistes qui vivent leur art, et qui vibrent autant que leurs instruments ; des passionnés sans concession à la recherche de l’harmonie perdue. Avec eux, le voyage est garanti… vers l’utopie.