Le 25/04/2007 - Le Trabendo / Paris.
C'était, pour moi, la deuxième fois que j'allais voir Jude sur scène (voir post ci-dessous du 20/11/06). Cette redite était un peu moins bonne que la première fois. Tout d'abord, le Trabendo est une salle des plus sympathiques, néanmoins l'ambiance de la dernière fois au Point Ephémère était un peu plus intimiste. Jude était cette fois en session acoustique, et seul sur scène. Accompagné de sa guitare et d'un piano, il a alterné entre les deux en fonction des morceaux. Le personnage est en tout cas toujours aussi sympathique. Il plaisante, se moque de lui, gentiment du public, et il parvient à créer une réelle connivence. Sinon, il met toujours autant de temps à accorder sa guitare entre les morceaux (mais c'est à cela que l'on voit les vrais professionnels qui ne jouent que quand c'est juste), et il picole toujours autant de whisky pendant ses concerts, et ce malgré les contraintes imposées par son médecin. Sa voix est toujours aussi stupéfiante, et on est scotché devant sa maitrise des aigus. Egalement, tout comme la dernière fois, Jude à une pratique étonnante, rare et sympathique qui est celle (comme le disait Jeanne Cherhal il y a deux jours) du « jukebox vivant ». Il ne cesse dès le début du concert de demander au public de lui dire ce qu'il doit jouer. Cela entraine parfois une certaine cacophonie, mais dans l'ensemble il maitrise bien son sujet et arrive à répondre à un maximum de demande. Tout cela fait le charme du personnage, à savoir sa spontanéité, et cela permet de mettre une vraie différence entre le studio et la scène. Sinon, concernant les titres, il a joué a peu près la même chose que la dernière fois, à savoir les classiques de son album « no one is really beautiful » (le plus connu) et plusieurs autres tirés à droite et à gauche de ses autres albums. En rappel il proposa une reprise acoustique de « crazy » de Gnarls Barkley assez étonnante et bien évidement largement reprise par le public. En gros c'était un concert agréable mais sans plus. Jude m'avait l'air un peu moins en voix que la dernière fois (il reste très fort quand même), comme il l'a montré sur « Indian lover » qu'il a amputé de son passage le plus technique (ce qu'il n'avait pas fait la dernière fois). Ensuite le fait qu'il soit seul est plaisant, mais rend le contenu global du concert un peu répétitif. Néanmoins, il reste l'un des meilleurs songwriter du moment, et sa carrière n'est définitivement pas à l'image de son talent (il n'a rien à envier à Paul Simon par exemple, hormis la reconnaissance). Il est d'ailleurs tellement bon songwriter que toutes les groupies connaissent ses chansons par cur et ne peuvent s'empêcher de chanter (ou brailler) avec lui (d'ailleurs un grand merci à ma voisine qui m'a copieusement hurlé dans les oreilles lors des refrains les plus techniques et les plus aigus, cassant quelque peu le plaisir de l'entendre sur certaines chansons). En tout cas, un artiste pas assez connu et qu'il ne faut pas hésiter à découvrir.