Restez informé !
Acte 2, la contamination. De ce premier album warholien où s'empilent sans vraie logique tristes chansons composées dans une chambre de bonne (Homme universel) et manifestes à rapprocher de Roxy Music (Flight 777), Jef Barbara dit « qu'il possède une esthétique bonbons assortis », car les meilleurs disques sont souvent ceux qui offrent la diversité. Le patchwork sonore, meilleur remède aux lassitudes. « Les prétentions capitalistes de la corpo-pop music des années 80 m'obnubilent » rajoute Jef, avant d'avouer avoir été hautement influencé par l'album « Faith » de George Michael, « un album pop aux accents top 40, comme si chaque titre avait pour but d'être un single radio ». Pas facile de savoir si le canadien a choisi son nom en hommage à la chanteuse de L'aigle noir, toujours est-il que sa « contamination » contient plusieurs virus parfaits pour décorer nos années post-SIDA.
Acte 3, l'entrée sur scène. Chez Jef Barbara, le chroniqueur moderne notera tout d'abord le rimmel qui soigneusement cercle le regard tigre, puis il décortiquera un à un tous les bijoux qui composent ce premier album aux allures de trousse à maquillage. D'un coté, les larmes de crocodile et leur synth-pop waterproof, de l'autre Caresses interdites et son vernis à ongles glam, au centre les homosexuels décomplexés par un entêtant refrain.
Les melodies de poche de Barbara, si proches mais inacessibles, comme un art qui confère autant au divin qu'au tabou. Une sorte de plaisir transgenre. Et Lou Reed de vicieusement rajouter, « hey babe, take a walk on the wild side », pour habiller ce petit bijou pop taillé dans les chutes d'un défilé Dior. "