Accompagné de ses Stooges -soit Ron Asheton, Scott Asheton, Dave Alexander puis James Williamson-, son premier groupe, il sort trois disques qui influencent (et continuent d'ailleurs) un nombre incalculable de musiciens et préfigurent, à l'époque, le punk-rock et le heavy métal. « The Stooges », qui paraît en 1969, contient « I wanna be your dog » et « No fun » repris en 1977 par les Sex Pistols ; « Fun House », produit en 1970 par John Cale du Velvet Underground, compte « Down on the street » et « T.V. Eye », quant à « Raw power » (1973), les hymnes sont « Search and destroy » et « Raw power ». Du pur rockn'roll où les guitares fuzz branchées dans des amplis Marshall, poussés au maximum, répondent aux hurlements stridents d'un Iggy Pop au style de vie particulièrement radical et excessif. Ces chansons constituent, d'ailleurs, toujours le point culminant de ses concerts !
C'est
David Bowie, fasciné par son talent d'écriture et ses qualités de performer, qui l'aide en 1977 à relever la tête sans son groupe : ensemble, ils composent à Berlin deux disques remarquables « The idiot » et « Lust for life ». David Bowie assurera même les claviers et les choeurs sur la tournée américaine (preuve à l'appui sur « Wild animal » le disque live de cette tournée). Puis, Iggy Pop, poursuivi par ses vieux démons, replonge dans divers excès et sort des albums inégaux dans les années 80 : « New values », « Soldier », « Party » et « Zombie birdhouse ». Il est même contraint de tourner dans des clubs minuscules pour survivre car ses disques précédents, pourtant d'une grande qualité artistique, ne se vendent pas. C'est encore grâce à David Bowie, qui reprend « China girl », de l'album « The idiot », dont le texte est écrit par Iggy, que James Osterberg (son vrai nom) commence à remonter la pente et à gagner un peu d'argent.
En 1986, il collabore une dernière fois avec Bowie pour l'album « Blah blah blah » dont la production, un peu trop « propre », permettra au titre « Real wild child » de devenir un tube aux USA. Les albums « Instinct » en 1988 (au son métal), « Brick by brick » en 1990 (avec les musiciens de Guns n' Roses) et « American Caesar » en 1993, lui offrent enfin un succès mérité, tournées mondiales triomphales et vente de ses disques. Sa participation à la bande originale du film « Arizona dream » d'Emir Kusturica le propulse même en tête des hits avec « In the deathcar » ! Son album « Naughty little doggie » (1996) est assez commun mais c'est avec son album « Avenue B », enregistré avec le trio de jazz Medeski Martin And Wood, qu'il réalise un de ses albums les plus personnels. Très à l'aise sur les titres calmes, sa voix grave de crooner influencé par Frank Sinatra est superbe. Il s'offre quelques instrumentations plus jazzy qui tranchent avec son personnage de punk rocker. Il n'a jamais caché sa fascination pour la voix de Frank Sinatra et pour les disques de John Coltrane. Iggy Pop s'apprête à sortir un album en juin 2001, qu'il a produit lui-même et d'après certaines rumeurs, il constituerait un retour au punk rock.
Les prestations scéniques d'Iggy Pop sont mémorables : un répertoire constitué de morceaux ultra puissants devenus des tubes avec le temps, les multiples excès perpétrés par Iggy (strip-tease, insultes, hurlements, sauts dans le public, escalade sur les amplis et les rampes de projecteurs, destruction de matériel...), les qualités vocales inouïes de l'iguane à l'aise du début à la fin du concert dans tous les registres (cris, chant, voix de crooner...). Les excès qui lui permettaient de rentrer en transe sont aujourd'hui oubliés, désormais, c'est l'accueil hystérique de ses fans et la puissance des amplis en fusion qui énervent Iggy et le font sortir de ses gonds sur scène. A voir impérativement.