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Au printemps dernier, on finissait par enfin les voir sur scène : entre deux groupes de rock mâle, les mines sages et la présence gênée des Honey Hahs proposaient lors du festival The Great Escape un contraste saisissant. Mais si les Londoniennes jouent avec des instruments nettement trop grands pour elles, même si leurs guitares ressemblent dans leurs petits bras à des contrebasses, leurs harmonies vocales et mélodies pourraient rendre jaloux beaucoup d'adultes, de vieux barbons pop, de vieux barbus folk. Loin du gadget, du gimmick, les Londoniennes composent des chansons avec leurs âges, leurs hormones, leurs préoccupations. Pour les livrer, avec cet empressement d'ados (ou pré-ados), elles auraient pu choisir le grime ou le hip-hop : elles ont choisi le folk. Mais sans négliger l'urgence, l'agitation. Leur folk est ainsi une musique urbaine, un dialecte de plus pour raconter le désordre et l'exaltation de Londres 2017.