Amenés au reggae par le biais du punk et du hardcore, les cinq High Tone gravitent autour de la prolifique scène des pentes de la Croix Rousse, à Lyon. Se rôdent face à quelques punks dans des squats, s'incrustent pour des premières parties de stars du reggae jamaïquaines. Se nourrissent de l'héritage musical de King Tubby et Lee "Scratch" Perry, de l'esprit du Clash. Dub ? Le mot est alors incongru en France. Mais une scène vivace émerge en Angleterre. High Tone persévère, explore. Aspire à une french touch du dub. Pur live, sans machine, leurs prestations gagnent un relief qui fait souvent défaut aux anglais type Dub Specialists. Déjà introduits dans les circuits reggae et hardcore, puisant les bonnes vibes dans chacun d'eux, les Lyonnais vont aussi se faufiler dans la scène électronique. Jouent dans des hangars, au coeur des raves. Deux maxis voient le jour alors que le groupe tourne inlassablement, se fait remarquer par une exceptionnelle prestation aux Transmusicales de Rennes, puis au Printemps de Bourges. Zebda les embarque pour des premières parties, dont le Zénith parisien... Leur demande un remixe. Les participations à des compilations pleuvent ("Alternative növö-dub", "French dub connection", "Dub attack !"...).
Leur premier opus sort sur Jarring Effects au printemps 2000, les impose au firmament du dub européen. Produit par Jean-Pierre Spirly (Last Poets, Babylon Fighters...), l'oeuvre baptisée "Opus incertum" fait des Lyonnais les apôtres d'une modernité dubesque provoquant émules (nombreux) et évolution (d'un style). Drum&bass, hip hop, ethno-groove se sont invités à la noce, party réussie qui perdure et contamine de ses effluves enfumées le paysage musical.
Chaque concert est l'occasion de propager la vibe : High Tone, live, étant une machine à voyager dans les temps (rythmiques variées) et les plaisirs (samples oniriques).