D'abord basé à Boston, puis à New York, il expérimente une écriture musicale intuitive en effectuant des collages sonores, beaucoup de sampling d'éléments divers et de ses propres enregistrements. Ces travaux donnent naissance à une série de cassettes qu'il distribue à son entourage, cassettes dont il effectue également l'artwork.
En 2001, alors que s'annonce le départ de New York pour la France, il décide de marquer ce changement de vie en enregistrant un album avec le batteur de Clem Snide, Eric Paull, et un « sculpteur de sons », John Roach à qui l'on doit beaucoup des sons fantomatiques qu'on peut entendre sur ce disque. Travaillant à la maison, à partir des matières sonores qu'il avait élaborées, d'enregistrements divers et d'idées qu'il avait, il construit les onze morceaux de cet album. C'est un album coloré, ouvert, oscillant entre chansons et instrumentaux qui frôlent l'expérimentation, mais en sachant toujours rester simples. Il n'y a pas de réflexion intellectuelle surfaite dans ces morceaux pourtant sophistiqués, et l'on est vite pris par les différentes ambiances que l'on traverse.
Évoquant clairement une culture américaine, on reste quand même loin de l'« americana » traditionnel et on se laisse porter par ce folk urbain à la forte identité. Avec une pochette dessinée par ses soins, ainsi que deux films d'animation également réalisés par lui, Beauty is s'inscrit dans la parfaite continuité du travail graphique que Jason effectuait sur ses cassettes. En France, Beauty is sort sur T-Rec (en association avec Rock Revolution Records), label monté par un ex-Sloy (Cyril Bilbeaud) et un ex-Hurleurs (Jean-charles Versari), musiciens qui accompagnent FRUITKEY sur scène.