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Groupe dérangé et bondissant emmené par son chanteur agité, Nelle Karajic, formé d'excellents musiciens qui dégainent une musique métissée emplie d'influences diverses et de respirations ethniques. Détonant mélange de punk rock (c'était un peu la vocation première de The No Smoking), de folklore Balkan, de jazz manouche ou de musique gitane et même de musette.
Le No Smoking Orchestra est né, sous l'impulsion de Nelle, en 80 avec un profond esprit de contestation. Parti sur une idée de groupe punk anarchiste, le combo prône aussi, bizarrement, une musique qui puise aux racines et aux traditions locales. En 84 sort leur premier album « Das Is Walter » (100 000 exemplaires), ils deviennent un groupe culte de toute une génération.
Pourtant, la tournée qui suit est stoppée, le disque retiré des ventes... car ils s'en prennent au « camarade Tito ». 86, le groupe se reforme, épaulé d'un nouveau bassiste, Emir Kusturica, qui vient de remporter sa palme pour « Papa est en voyage d'affaires ». Le groupe sort en 89 sa deuxième galette « Little Story of a Great Love ». A la veille de la guerre, le No Smoking quitte Sarajevo pour Belgrade avec la volonté affirmée de devenir un groupe de renommée internationale ! ! !
Ils recherchent leurs inspirations dans les racines profondes des Balkans, les vieux airs tziganes, les marches turques mais aussi les sons indiens, les inspirations classiques (Strauss, Verdi...). Une musique légère et emportée par la maestria de ses musiciens, qui au violon, qui au tuba ou aux claviers, enchaînent solos sur solos dans un joyeux bazar organisé. Les titres se succèdent à un rythme très rapide sur fond de musique polyglotte (anglais, allemand, bosniaque) et de rythmique rock.
Après il y a son chanteur énervé et déjanté qui s'agite en tous sens, harangue les foules, brandit son mégaphone, interpelle le public souvent de manière directe et personnelle. Noyé dans cette multitude colorée et dépenaillée (le groupe, sur scène, ressemble à de pauvres hères quasi vagabonds !) et souvent coiffé de son chapeau de cow-boy se tient le guitariste Emir Kusturica.
Celui-là même que l'on connaît surtout pour son talent de cinéaste ; ce réalisateur allumé à qui l'on doit « Le Temps des Gitans » ou « Chat Noir, Chat Blanc » (le No Smocking en a réalisé la bande son, comme par hasard !), « Underground » ou encore « Arizona Dream ». Homme à multiples facettes, il écrit aussi et prépare actuellement un livre qui retracera ses années de jeunesse (« Le journal d'un idiot politique »).
Une musique généreuse portée par des musiciens hors pair qui trouvent leur puissance de frappe sur scène avec des concerts décoiffants et marathoniens, tout cela dans une joyeuse anarchie faussement incohérente.