Avec DEBORAH KANT, la pop expose l'une de ses dark sides. Ici elle se fait plus rude, se montre plus sombre et torturée, et tente même quelques embardées minimalistes du côté d'un rock américain à la Pixies, teinté d'éclaboussures déconstruites et bruitistes façon Slint. Chez DEBORAH KANT les dissonances sont savantes, et les constructions relèvent d'une architecture musicale à tiroirs. Les distorsions résonnent, bourdonnent dans l'oreille et servent une énergie rageuse, comme dans les premiers Blonde Redhead. Avec eux, la pop a l'atmosphère lourde, voire pesante, chargée d'électricité métallique et grésillante, des rythmes rapides, emportés, martelés à force de pédales de distorsion, des larsens coupant comme le fil d'un rasoir. Et la musique chargée de DEBORAH KANT prend encore une autre dimension sur scène, le concert se fait messe païenne, le rock fait son office et scotche les fidèles.
Groupe lyonnais.