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Capleton est aujourd'hui l'artiste le plus populaire de Jamaïque. Précédé de son surnom, « The Prophet », il défend avec virulence et conscience les valeurs et croyances des Bobo Shantis. Persuadé d'avoir une mission salvatrice, il n'hésite pas à dénoncer, « éradiquer certaines choses de la musique », voire « brûler une personne qui le mérite ». Ses textes sont de véritables brûlots de revendication (« The more Dem I try », « Pure Sodom ») déclenchant même chez les Yardies de grandes polémiques ; ses refrains que l'on croise au hasard des tags sont devenus les slogans de la rue.
Le style Capleton est imparable : une voix rauque qui vogue sur les riddims, ses intonations montent et descendent au gré de son inspiration. Il joue du toast comme d'un instrument. Chants mystiques, sing-jay conscient ou versatile : la palette de The Prophet est immense.
Clifton Bailey démarre sa carrière, précédé d'une sanglante réputation de « Bad Boy ». Puis en 92/93, devant le ras-le bol du style « gangster », le Dj troque son flingue contre la Bible et devient homme de foi. Toujours revendicatif, il s'acharne sur les vices du capitalisme prônant les valeurs spirituelles du rastafarisme. La Black Suprématie et le feu sont des thèmes chers à Capleton. « Fire » parce que « le feu brûle le mal, il purifie ». Il signe d'abord avec Def Jam, le label américain de Russel Simon. Il travaille à établir une connexion Kingston/New York. On le croise, par exemple, sur un duo avec Method Man (« Wings of the Morning », 95). C'est VP, label plus axé reggae, qui le récupère. Non content d'enchaîner hits sur hits, on retrouve Capleton sur de nombreux singles affrontant Bounty Killer, Anthony B et d'autres pointures jamaïcaines.