Au début des années 80, Buck 65 est un tout jeune ado. Il passe pas mal de temps à la patinoire, breake avec des potes et achete des CD de hip-hop avec l'argent gagné à tondre les pelouses du voisinage. Il habite alors dans les profondeurs rurales de la Nouvelle-Écosse. Au lycée, Buck décide d'être cool. Il s'inscrit dans l'équipe de basket et bidouille du rap dans sa chambre. Mais les tenants du heavy metal le considèrent comme un poseur et
l'envoient bouler. Il devient alors le ringard de base. Il est à fond dans le base-ball quand les New York Yankees le repèrent, à 16 ans. L'avenir s'annonce bien. Mais il se massacre le genou gauche au cours d'un match de basket scolaire. Fin du rêve.
Il finit ses études secondaires, sort enfin de son trou et s'installe à Halifax, la trépidante capitale de la province. Remettant ses études universitaires au lendemain, il commence à produire des
disques indépendants, au niveau local. Des trucs nuls à hurler, en fait. Puis un groupe du coin, nommé Sloan, signe chez DGC et décide de créer son propre label : murderecords. Faisant preuve d'un sens de l'humour étrange, le label décide de sortir quelques enregistrements de Buck, sous son pseudonyme de Stinkin'Rich. Le succès de Sloan fait que quelques dingos, à l'autre bout du Canada, les repèrent. Sans doute par accident, ils prennent
l'affaire au sérieux... Et au début des années 90, il se passe d'étranges événements...
Buck participe à Sesame Street, produit la musique de la pub télévisée de la NBA, remporte un concours de démos présidé par Steve Shelley de Sonic Youth. Suivent quelques années pour rien. Changement de décor, voilà Buck devenu une sorte de version plouc hip-hop de Brian Wilson et lancé dans sa série Language Arts, sorte de pot-au-feu sonore. Le label Anticon de San Francisco sintéresse au phénomène et sort un single 12 :
Centaur'. Et tout à coup, le monde ressent comme une légère irritation titillante : mais qui est donc ce crétin à la tronche pas possible ?
Après quatre ou cinq opus de la série, Buck attire discrètement l'attention des directeurs artistiques de Warner Music. Et voilà que ça marche ! La malédiction se répand, les critiques succombent au sortilège ! Les vieux se mettent à adorer le hip hop ! Buck est partout ! Seulement, voilà : Buck
n'aime pas le mot hip hop'. Bon alors, il fait du ...du quoi ? Plus personne ne sait comment appeler ça de nos jours.