Souvent on veut nous faire passer certains artistes pour des gens curieux, ayant un grain de folie, jouant les artistes.
Brigitte Fontaine est l'artiste, avec un grand A, qui contient cette petite graine de folie : elle sait depuis plus de trente années nous surprendre par une discographie de haute voltige. De ses débuts avec Jacques Higelin en 1966, du troisième album « Brigitte Fontaine est folle », de « Comme à la radio » avec l'arrivée du plus fidèle compagnon de route : Areski Belkacem et pour ce disque d'un Art Ensemble of Chicago dans sa période la plus free jazz, Brigitte Fontaine nous pose ses chansons comme des pochettes surprises.
Suivront encore de vrais joyaux, « Je ne connais pas cette homme » puis « l'incendie » puis en 1979 « Les églantines sont peut-être formidables ». Brigitte Fontaine disparaît de la scène musicale. Silence radio. Elle écrit des romans.
En 1992, un peu dans l'indifférence générale sort un nouveau disque « French Corazon » et là on respire à nouveau, Brigitte Fontaine est toujours la même. La voix incroyable qui sait chanter et parler, les musiques d'Areski et les textes ont toujours ce double phrasé, ce tranchant.
Il faudra attendre la sortie en 95 de « Genre humain » pour que la presse redécouvre enfin Brigitte Fontaine.
Depuis on peut enfin la revoir sur scène. Et là c'est souvent un moment magique et magnifique. Toujours majestueusement drapée dans de longs fourreaux, Brigitte Fontaine sait subjuguer son public. Toujours entourée d'excellents musiciens comme Didier Malherbe au saxophone ou à la flûte, Brigitte Fontaine donne ce quelque chose que l'on emporte en secret après un concert. Areski Belkacem, toujours à ses côtés, nous livre ses musiques, ressourcées aux sonorités multiples des musiques du monde.
La « chanteresse » n'a pas fini de nous ensorceler ! Preuve à l'appui, elle débarque en fanfare avec une nouvelle galette, "Kekeland" (21/08/01), qui nous prend une fois de plus à contre-pied.