Restez informé !
Né en février 45 dans la campagne jamaïcaine d'un père britannique (colonel) et d'une mère poétesse et chanteuse gospel (Cedella Booker), le jeune Robert Nesta Marley se trouve vite confronté aux aléas de la vie. Baladé entre son père et sa mère, il s'installe finalement avec sa mère à Trench Town, un des quartiers chauds de Kingston. Bercé au son de Fats Domino et Ray Charles, le jeune Bob espère comme tant d'autres jeunes Jamaïcains s'en sortir par la musique. Parti pour être soudeur, il forme son premier groupe en 61 (avec Bunny Liwingston et Peter Tosh). Qui deviendra, d'ailleurs, par la suite The Wailers. Grâce à un ami, Jimmy Cliff, il enregistre son premier titre chez Leslie Gong, "Judge Not", sans faire de vague. Ses débuts sont très orientés ska et mento et s'inspirent des rythmes de la Nouvelle-Orléans. Dès 64, Bob et ses Wailers multiplient les enregistrements chez Coxsone Dodd (c'est à cette époque que naissent "Simmer Down", "Rule them Rudie"...) et connaissent leurs premiers succès locaux. Il travaille aussi avec Lee Perry, acquérant une certaine maturité musicale. La vie suit son cours : il se marie avec Rita Anderson en 66, se convertit au rastafarisme en 67, immigre aux Etats-Unis pour raison politique ; son premier fils David alias Ziggy naît en 68, rencontre aussi Johnny Nash cette même année. Retour à JA. C'est en 70 que les talentueux frères Barret rejoignent le clan. Puis dès 71, le succès pointe son nez : Chris Blackwell s'intéresse de près à Bob et ses Wailers, le signe rapidement sur Island. S'ensuivront de très nombreux albums studios ("Catch a fire" en 72, "Burnin'" en 73, "Natty Dread" en 75, "Exodus" en 77 ou encore "Survival" en 79) et live ("Live At The Lyceum" en 75), des rééditions. Le roi Marley s'éteindra le 11 mai 81, à 36 ans, en pleine possession de ses moyens, atteint de tumeurs incurables au poumon et au cerveau. Laissant le monde dans l'affliction mais léguant à jamais ses good vibrations, ses textes engagés, ses hymnes à la liberté, ses messages contre la mondialisation.
Ce chanteur de soul (en vérité il était un inconditionnel des artistes de soul comme Curtis Mayfield), prédicateur, rebelle, amoureux des femmes (on ne compte plus toutes celles qu'il a aimées) et passionné de foot, était la voix des dépossédés, des laissez pour compte des bidonvilles de Kingston à Sao Paulo ou Lagos. Il chantait l'oppression, le racisme du monde colonialiste et s'enflammait pour la lutte. Depuis sa conversion au rastafarisme, il était aussi tout acquis à la cause de Jah qu'il célébrait dans ses chansons.
Bob Marley a laissé un héritage musical universel et durable, sa voix nous est devenue totalement familière, il fait partie à jamais de l'histoire du reggae, et simplement de la musique.