Chez Ninjatune, on aime les personnalités marquées, à la créativité exacerbée, aux oreilles en éventail. Avec Amon Tobin, les Anglais sont servis. Ce Brésilien iconoclaste explose les barrières et les sens, il s'est imposé en quatre albums comme un petit génie de l'espace sonore. Fidèle à sa génération, il a fait du sampler son instrument favori et donne à cet appareil miraculeux ses lettres de noblesse.
Inclassable, sa musique s'imprègne de jazz et de breakbeat, de samba ou de drum&bass, de hip-hop comme de soundtrack. Patchwork : mais surtout pas fourre-tout. Chacune de ses compositions est dotée d'une âme unique ; son uvre suit une ligne directrice intelligente et sensée. Son premier opus, sous pseudo Cujo, paraît en 1995 sur le label Ninebar. Ensuite, ce sont les ninjas anglais au flair inégalable qui l'ont recruté : un Brésilien dans l'équipe, ça a toujours assuré le spectacle (sauf à l'OM) !
Trois autres albums sont venus enrichir la discographie du trublion, jusqu'à un « Supermodified » l'imposant définitivement parmi les plus grands compositeurs. Ses remixes sont prisés (Ryuchi Sakamoto...), et ses talents de producteur attirent : Bebel Gilberto l'a convié à collaborer à « Tanto tempo », Roots Manuva a posé son flow sur « 4 ton mantis »... Même s'il se produit peu souvent en live, ses prestations de dj enchantent. Il transcende son manque de technique par une sélection hors pair, risquée autant que judicieuse.