J'avais neuf ans à l'époque et je ne me souviens plus très bien de la façon dont cela est arrivé, mais je me suis retrouvé chez elle à lui apporter un texte que j'avais écrit en lui demandant s'il était possible d'écrire une musique dessus.
À l'époque, l'idée que je me faisais de la musique n'était pas précise comme elle peut l'être aujourd'hui. Je désirais à ce moment donner à ces mots une forme de « compagnon » comme on éprouve le désir de trouver l'amour. Je souhaitais que ce que j'avais écrit ne soit plus seul. Mais je ne savais pas à ce moment-là établir ce contact entre le verbe et le son.
Je ne me souviens ni de la mélodie de Beth, ni de mon poème, mais quelque chose est né au moment précis où Beth a commencé à jouer.
Ce qui se créait n'existait pas auparavant, disparaîtrait un instant plus tard mais une étincelle avait jailli... Je suis tombé amoureux de ce moment.
Plusieurs mois plus tard, Beth est repartie aux États-Unis. Pendant son séjour à Paris elle avait
obtenue une nouvelle guitare et, ne pouvant repartir avec ses deux instruments, elle me laissa
celle qu'elle avait apportée en France. Aujourd'hui j'ai toujours cette guitare. Depuis je me
passionne pour les rencontres entre les mots et les sons. Et lorsqu'ils s'entendent, je suis
heureux.
Un temps j'ai laissé cette guitare de côté, sans y toucher. Elle était pour moi un objet mystérieux. Quelques années plus tard, à quinze ans, j'ai rencontré Laurent Saligault qui m'a appris à mettre en forme mes émotions et à leur donner vie par la musique.
À Composer.
Puis j'ai enregistré en studio mes idées au travers de 42 chansons sur deux démos. En 2008, je suis
parti enregistrer l'album franco-islandais Exclamation Point d'Hello Elephant (pour lequel j'ai
composé la musique et écrit une partie des textes en anglais) au Sundlaugin Studio à Reykjavik.
J'ai fait vivre ces morceaux au travers du Festival Airwaves et d'une tournée me portant jusqu'à
la ville surréaliste d'Isafjordur, tout au nord de l'île, où les montagnes viennent caresser la mer.
À mon retour à Paris j'ai composé la musique de différentes pièces de théâtre, performances,
courts-métrages, teasers (exposition et festival).
À la suite de toutes ces expériences j'ai désiré revenir à une écriture en français, réunir et habiller mes morceaux d'une histoire que je livre ici dans Lettres Aimées.
Ce n'est pas le temps qui passe vite, c'est nous.

Invités : DREAM CATCHER