"Le poète choisit, élit, dans la masse du monde, ce qu'il lui faut préserver, chanter, sauver, et qui s'accorde à son chant. Et le rythme est force rituelle, aussi bien que levier de conscience". Edouard Glissant
Ainsi en est-il, espèce-sonnante-et-tribus-chantent, des poètes-chamanes, magiciens du souffle et autres battants d'outre-mesures du projet Nishtiman : la rencontre à la fois céleste et enracinée entre des musiciens venus des quatre coins de la diaspora kurde, accordant les influences du monde Indo-Persan à celles de l'Orient, de l'Europe et des Pays de l'Est. Un pari tenu, et de hauts-luths, par Hussein Zahawy, directeur artistique et percussionniste, sur un répertoire signé Sohrab Pournazeri, chanteur, joueur virtuose de tanbur et de kamanché.
Dès lors que les idées fusent, les rythmes se créolisent, les accents valsent et se culbutent : le slameur Dgiz, le saxophoniste Mehdi Chaïb et le pianiste Andy Emler unissent leurs savoirs-frères pour faire flamber les frontières... ces lignes imaginaires entre deux nations, séparant les droits imaginaires de l'une des droits imaginaires de l'autre... et qui de l'une à l'autre, par hasard ou nécessité, en écho-ainsi-dansent !
Il aura bien fallu douze ans de jazz nomade et de voix libres pour se préparer à une telle odyssée, aux confins d'un Nil en ébullition. Le multi-instrumentiste Médéric Collignon, le batteur Philippe Gleizes et le groupe Nass Makan y voguent au gré des incantations du chant soudanais, des gitans du Delta et des envolées du Zar, cette transe mystique scandée par des femmes cousines des Gnawas. Mehdi Haddab, le "Jimi Hendrix du oud", prend la vague au bond en lançant ses filets électriques sur ces flots migrateurs. Quels autres mots que ceux du poète Nazim Hikmet sauraient mieux célébrer cette rencontre née en avril au Caire : "de tous les pays où j'ai voyagé, de tout ce que j'ai pu voir et entendre, de tout ce que j'ai pu toucher et comprendre, rien, rien ne m'a rendu jamais aussi heureux que les chants, les chants des hommes." ?
Nishtiman (Turquie, Iran, Irak, Kurdistan)
Sohrab Pournazeri (composition, tanbur, voix, kamanche), Hussein Zahawy (direction artistique, percussions), Maryam Ebrahimpour (voix),
Goran Kamil (oud),
Goran Kamil (oud),
Ertan Tekin (zorna, balaban, duduk),
Robin Vassy (percussions), Leïla Renault (contrebasse)
Création Andy Emler (piano)
Dgiz (slam, contrebasse)
Mehdi Chaïb (saxophone, darbouka)
Nass Makan (chants et musiques d'Égypte) Médéric Collignon (voix, trompette, bugle)
Avec Fatma Abouelella Emara (voix, mazhar), Fatma Khalil Darwish (voix, tabla), Raafat Mostafa Farrag (voix, tanboura), Khamis Ibrahim Hafiz Ragb (trompette), Amin Ibrahim Ali Ibrahim (arghoul), Dr Ahmed El Maghraby (directeur artistique), Philippe Gleizes (batterie)
+ invité : Mehdi Haddab (oud électrique)
Création réalisée dans le cadre de La Voix est Libre au Proche-Orient