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BERTRAND BELIN

Bertrand Belin sait tout de la chanson, de la pop, du rock et compose dans un langage à part où l'on surprend tant de l'art de Claude Debussy que de Dominique A, tant d'Alain Bashung que de Bob Dylan. (...)


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BERTRAND BELIN
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ALBUM
Hypernuit
"Hypernuit"
2010 - Cinq 7
Bertrand Belin appartient à cette généalogie de stylistes qui détournent les vieux fleuves épuisés pour sculpter des jeux d'eau dans des jardins savants. Il sait tout de la chanson, de la pop, du rock, et compose dans un langage à part où l'on surprend autant de l'art de Claude Debussy que de Dominique A, autant d'Alain Bashung que de Bob Dylan, autant de country music que d'Elvis Costello...
Avec « Hypernuit », son troisième album solo, Bertrand Belin trace toujours son chemin entre lyrisme et austérité. Une fois de plus, il a trouvé l'équilibre le plus limpide de la mélodie et de la poésie, l'alchimie unique d'une musique à la fois luxuriante et dénudée. Le disque a pour l'essentiel été joué à trois, avec Tatiana Mladenovitch à la batterie et Thibault Frisoni à la basse. La musique d'« Hypernuit » est grande ouverte, comme une maison qui se laisse emplir par la brise et les senteurs de l'été, même sur les quelques chansons que Bertrand Belin a enregistrées seul. Des maisons, il lui arrive d'en visiter. Il faut dire qu'il a de beaux voisins tels que JP Nataf qui l'a invité sur « Claire », son dernier album, ou Bastien Lallemant pour lequel il vient de réaliser avec Albin de la Simone « Le Verger ». Curieux, amateur d'escapades et de hors-piste, on l'a vu également dans les spectacles « Imbécile » d'Olivier Libaux ou « Sombrero » de Philippe Decouflé.
Avec les albums Bertrand Belin en 2005 et La Perdue en 2007, il avait manifesté autant d'audace tranquille que de singularité fervente. Il ne cache pas qu'il aime que la trajectoire qui relie un album à l'autre soit « Une route accidentée. Une voie d'intranquillité qui me conduit au renouvellement. Dans « Hypernuit », en tout état de cause, il y a une évolution de l'ordre de l'élagage, du tamisage. Cela répond à un désir d'assèchement des figures et des arrangements. Un éloignement de la rutilance de « La Perdue ».»
Il y a trois ans, « La Perdue » était peuplé d'échos de Ravel ou de Mendelssohn et d'intrusions de l'orchestre classique. Pour « Hypernuit », il n'a plus voulu des cordes et des vents : « Si je parviens à célébrer la musique que j'aime quand je compose, si l'on peut reconnaître dans mes chansons une manière d'empreinte de ce que j'aime et écoute sans que j'aie besoin de disposer des pancartes et des signaux lumineux, alors je suis ravi. « La Perdue » a pu jouer ce rôle de vitrine. « Hypernuit » parle moins mais dit plus. »
Belin a tenu à « utiliser le moins d'effets possibles, aller chercher le caractère contemporain ailleurs que dans le déploiement des signes et des clichés qui le valideraient. Voir ce qui reste de son temps quand on l'a délesté... » Autrement dit, « rechercher le classicisme » plutôt qu'emprunter au classique.
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