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En 1992, Anne Teresa de Keersmaeker écrivait pour un groupe d'hommes. en 2001, Maguy Marin, quant à elle, mettait en scène quatre danseuses. ce jeu de miroir masculin-féminin est enrichi par une création spéciale de la reine du minimalisme sensuel, Lucinda Childs.
Un moment de danse exceptionnel. Die Grosse Fuge est le final du quatuor n°13 en si bémol majeur composé par Beethoven un an avant sa mort. Une partition « immortelle et à jamais contemporaine » selon Igor Stravinsky. Lucinda Childs a travaillé sur la complexité de l'œuvre pour en comprendre les mécanismes intérieurs et les différents motifs afin d'en faire naître une danse la plus naturelle possible. Anne Teresa De Keersmaeker propose une chorégraphie pleine de mouvement, obstinée, répétitive, jouant avec les contraires. Une écriture à la fois savante et ludique. Enfin, Maguy Marin demande au corps des danseuses d'exprimer ce que la partition a de plus vulnérable et de plus humain. « La grâce compte moins que la vérité d'un mouvement où jaillit la colère, la suffocation ou la jubilation ». De l'abstraction à l'incarnation la plus assumée, cette confrontation illustre avec éclat comment une grande œuvre peut en générer d'autres sans s'en trouver épuisée.Trois Grandes Fugues - Ballet de L'Opéra de Lyon
Lucinda Childs / Anne Teresa de Keersmaeker / Maguy Marin